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Mission de Côte d’Ivoire à Genève

Conseil

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28 décembre 2007

Conseil

Publié dans Conseils des Ministres |

Le Conseil des ministres s’est réuni le vendredi 28 décembre 2007 au Palais de la présidence de la République au Plateau, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, Président de la République.

Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné un projet d’ordonnance, plusieurs projets de décrets et entendu deux communications.

I – ORDONNANCE

Sur exposé du ministre de l’Economie et des Finances et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé une ordonnance portant Budget de l’Etat pour l’année 2008.

Le Budget 2008 se présente sous de bons auspices avec:

- une croissance économique pouvant atteindre 2,9 %, insufflée principalement par la reprise de la production du secteur primaire et la progression des secteurs secondaire et tertiaire;

- au niveau des prix à la consommation, une inflation maîtrisable à un niveau de 3 %, malgré la hausse attendue de la consommation en 2008;

- sur le plan des échanges extérieurs, une balance courante qui sera excédentaire, sous l’effet d’une amélioration de l’excédent de la balance commerciale et d’une réduction du déficit de la balance des services, compensant l’accroissement des déficits des revenus et des transferts courants;

- une situation monétaire qui sera marquée par une augmentation de la masse monétaire de 4,5 % consécutive à une amélioration des avoirs extérieurs nets de 7 % et à une progression du crédit à l’économie de 2,9%.

Ce budget, élaboré donc à partir des perspectives économiques ci-dessus, fonde sa dynamique et son essence sur deux données essentielles, à savoir:

-l’aboutissement du processus de sortie de crise et de réunification;

-la mise en œuvre du Programme de reconstruction du pays.

C’est ainsi que les actions prioritaires qui le caractérisent portent sur:

- le désarmement;

- la réinsertion économique et sociale;

- la réhabilitation communautaire;

- l’identification de la population;

- l’organisation des élections;

- le Service civique national;

- le redéploiement de l’Administration dans les zones centre, nord, ouest; la constitution de la nouvelle armée, le tout étant envisagé conformément à l’Accord politique de Ouagadougou.

Etabli sur ces données et cette base, le budget 2008 s’équilibre en ressources et en emplois a 2129,1 milliards. Il est en hausse de 8,6 % par rapport au budget 2007.

A – LES RESSOURCES

Les ressources marquées par un effort constant des régies financières en matière de mobilisation des ressources intérieures et de porte, comprennent les recettes intérieures, avec un niveau de 81,8 %, soit 1742,5 milliards et les ressources extérieures pour 386,6 milliards.

1) Les recettes intérieures

En augmentation de 12,2 % par rapport à 2007, elles se répartissent en recettes fiscales pour 1576,2 milliards et en autres ressources intérieures pour 166,4 milliards.

a) Les recettes fiscales

En hausse de 11,1 % par rapport aux prévisions et réalisations de 2007, les recettes fiscales connaissent un niveau qui intègre l’unicité de caisse sur l’ensemble du territoire national, et qui repose essentiellement sur les évolutions:

* de l’impôt sur le bénéfice industriel et commercial;

* l’impôt sur les revenus et salaires;

* la taxe sur la valeur ajoutée;

* les droits et taxes à l’importation;

* les droits et taxes à l’exportation.

b) Les autres ressources intérieures

En hausse par rapport à 2007 (166,4 milliards contre 134 milliards) elles sont constituées:

* des emprunts sur le marché financier;

* des produits de la privatisation;

* des versements des entreprises au titre du remboursement de la dette rétrocédée,

* des redevances de télécommunications;

* de diverses recettes non fiscales.

Ces autres ressources intérieures se répartissent sur deux tableaux, à savoir:

- les ressources générées par l’émission des titres d’Etat sur le marché financier, prévues pour un montant de 95,4 milliards contre 75 milliards en 2007 ;

- les diverses recettes non fiscales prévues pour un montant de 71 milliards contre 59 milliards en 2007.

2) Les ressources extérieures

Elles comprennent:

- les appuis budgétaires;

- les rééchelonnements de dette;

- les financements des projets;

- les dons programmes.

Elles sont en baisse par rapport à 2007 (386,6 milliards contre 408,4 milliards) et leur maintien au budget malgré leur faible niveau de réalisation (seulement 57,5 milliards en 2007) s’explique par l’engagement des partenaires au développement à soutenir le processus de sortie de crise et de reconstruction post-conflit.

Ces ressources extérieures se répartissent comme suit:

- les appuis budgétaires prévus pour 58,4 milliards, correspondent à la contribution des partenaires extérieurs traditionnels, c’est-à-dire la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l’Union européenne, au paiement des échéances non rééchelonnables de la dette extérieure;

- les échéances rééchelonnables qui constituent des gains potentiels, s’élèvent à 201,1 milliards et proviendraient essentiellement du Club de Paris pour 134 milliards et des créanciers privés pour 64,9 milliards;

- le financement des projets de reconstruction à travers les emprunts et dons, estimé à 34,7 milliards contre 40,6 milliards en 2007;

- les dons et programmes prévus pour 92,3 milliards, doivent contribuer à la mise en œuvre du programme de sortie de crise;

B – LES EMPLOIS

Le choix des dépenses respecte clairement les engagements pris par le Chef de l’Etat, le Premier ministre et le Gouvernement dans le cadre de la normalisation socio-politique.

La réalisation desdits engagements qui constitue une impérieuse nécessité pour le pays, n’occultera pas les exigences de redressement des finances publiques inscrites dans le programme d’assainissement économique et financier entrepris à travers le Programme d’assistance d’urgence post-conflit, conclu avec le FMI.

Le Budget 2008 s’inscrit donc dans cette ligne et comprend au titre des dépenses:

- les dépenses nécessaires au fonctionnement normal des services;

- les dépenses de sortie de crise et de reconstruction;

- les engagements de l’Etat au titre du service de la dette publique.

1) Les dépenses ordinaires

Elles sont marquées par le poids des charges liées au processus de sortie de crise et celui des charges résultant des revendications salariales.

C’est ainsi que les dépenses de personnel sont prévues pour un montant de 680,5 milliards en 2008, contre 610,5 milliards en 2007, soit une hausse de 11,5 %.

Cette hausse s’explique par l’incidence:

- des recrutements et sorties de carrières;

- des mesures prises en 2007 ;

- de la revalorisation de salaires et indemnités accordés à certains corps; de l’intégration dans les rangs des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) des recrues des Forces nouvelles (FN).

Les dépenses d’abonnement, prévues pour 38,4 milliards, sont en hausse de 1,2 milliard par rapport à 2007 et prennent en compte le fonctionnement effectif des services de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ainsi que l’extension de l’électrification rurale.

Les autres dépenses ordinaires qui intègrent :

* les dépenses liées aux actions de sortie de crise;

* les charges de fonctionnement des services;

* les appuis aux Collectivités prévues pour un montant de

501,1 milliards, soit une hausse de 42,4 milliards par rapport à 2007 ; cette hausse s’explique essentiellement par l’augmentation des subventions accordées aux écoles privées et des crédits alloués aux services administratifs.

Il convient de noter que dans le cadre de ces autres dépenses ordinaires, un accent particulier a été mis sur les dotations des services déconcentrés des zones centre, nord, ouest, qui ont été mises à niveau pour permettre à ces services administratifs de devenir pleinement opérationnels en 2008.

- les transferts aux Collectivités décentralisées qui se situent aujourd’hui à 13,8 milliards contre 13,5 milliards en 2007, pour permettre à ces Collectivités de jouer pleinement leur rôle dans la mise en œuvre des actions de développement local.

En conséquence de ce qui précède, on peut classer les dépenses ordinaires comme suit:

- les dépenses liées aux programmes et actions de normalisation de la situation socio-politique comprenant notamment l’organisation des élections générales, pierre angulaire du processus de sortie de crise, avec un niveau de dépenses de 67 milliards contre 57,1 milliards en 2007.

Dans ce domaine, les efforts portent essentiellement sur:

- la poursuite du redéploiement des services de l’Etat sur l’ensemble du territoire;

- la mise en œuvre du service civique national et du programme de réinsertion des Jeunes déscolarisés;

- la couverture des primes de front et l’identification des populations en vue des élections générales;

- les dépenses liées au programme social du Gouvernement, avec en priorité les secteurs de l’éducation pour une dotation de 433,9 milliards et de la santé pour une dotation de 88 milliards, sur une dotation globale de 524,6 milliards.

Il est à noter également les efforts faits en vue de soutenir les actions des Forces de défense et de sécurité, traduits au budget par des crédits nécessaires au bon fonctionnement de ces Forces.

2) Les dépenses d’investissements

Les dépenses d’investissements du Budget 2008 sont fixées à 353,2 milliards, soit une hausse de 14,2 % par rapport à 2007. Elles sont financées par les ressources intérieures à hauteur de 226,2 milliards, dont 22,2 milliards pour la mise en œuvre des programmes de développement pilotés par les Collectivités décentralisées et 23,7 milliards pour le financement des actions de sortie de crise.

Le développement succinct des dépenses d’investissements se présente comme suit:

- l’appui des partenaires extérieurs s’élève à 127,1 milliards et est constitué de dons programmes pour 92,3 milliards, et de prêts et dons projets pour 34,7 milliards;

- les dons programmes financent les actions de sortie de crise et se répartissent entre le Programme national de réinsertion et réhabilitation communautaire (PNR/RC) pour 19,9 milliards, le redéploiement de l’Administration pour 15,2 milliards et l’identification de la population et l’organisation des élections pour 57,2 milliards;

- l’éducation et la santé qui constituent les principaux domaines de la politique de développement social du Gouvernement, bénéficient de crédits d’investissement respectifs de 25,5 milliards et 15,3 milliards.

Au niveau de l’éducation, les actions inscrites concernent l’acquisition des kits pédagogiques et de manuels scolaires dans le cadre de la gratuité de l’école, pour 4,4 milliards. L’enseignement bénéficie d’une dotation de 5 milliards pour la rénovation, la construction, l’extension et le rééquipement des infrastructures scolaires et universitaires.

Au plan de la politique sanitaire, d’importants investissements seront réalisés dans les centres hospitalo-universitaires, les hôpitaux généraux et autres centres de santé, en vue de la réhabilitation et du rééquipement de ces structures.

Parallèlement, des dotations sont transférées aux Collectivités décentralisées pour le développement des structures sanitaires placées sous leur responsabilité.

Par ailleurs, au plan des mesures concernant les jeunes, le Fonds national de solidarité pour la promotion de l’emploi des jeunes bénéficie d’une dotation de 1 milliard, portant le total des crédits déjà alloués à 8 milliards pour un objectif de 10 milliards.

L’agriculture figure en bonne place dans les priorités du Gouvernement qui lui consacre une dotation de 9,2 milliards, destinée à renforcer les actions de recherche, d’encadrement des producteurs et de diversification des cultures.

Pour replacer le pays sur une trajectoire du développement durable, le budget 2008 met un accent particulier sur le renforcement des infrastructures économiques de base, en y consacrant une dotation globale de 93 milliards. Les actions dans ce domaine portent sur la construction et la réhabilitation des routes, des ports et aéroports, la poursuite de l’électrification rurale et l’approvisionnement des populations en eau potable.

L’état de dégradation très avancé des infrastructures routières justifie l’inscription de 57,2 milliards dans ce projet de budget pour le démarrage ou la poursuite des chantiers tels que le prolongement de l’autoroute du Nord, le renforcement de la route Abidjan-Akoupé, le renforcement des sections de la Côtière, la construction du pont de Jacqueville et la réfection de la voirie Abengourou-Agnibilékrou.

Au regard des enjeux économiques actuels, et dans la perspective du démarrage effectif du programme de reconstruction, les infrastructures portuaires et aéroportuaires bénéficient d’une dotation de 9,5 milliards pour leur modernisation.

L’accès de toute la population à l’eau potable à un bref horizon étant l’une des préoccupations majeures du Gouvernement, il est prévu une dotation de 8,2 milliards dont 3,4 milliards au titre de l’hydraulique urbaine et 4,8 milliards au profit de l’hydraulique villageoise, en complément des opérations des Collectivités décentralisées.

Le programme d’électrification rurale qui constitue également un chantier important, continue de bénéficier des dotations au niveau du Budget de l’Etat, malgré sa prise en charge par les Communes, les Conseils généraux, les districts et la Société d’opération ivoirienne d’électricité (SOPIE).

La lutte contre l’insalubrité dans nos villes menée par le Gouvernement est soutenue par une dotation budgétaire de 2,3 milliards, en plus des recettes affectées de l’ordre de 20 milliards destinées spécifiquement à la gestion des ordures ménagères.

Les collectivités décentralisées qui constituent des entités de relais de l’Etat auprès des populations, dans la réalisation du programme de développement du Gouvernement, bénéficient de 22,2 milliards pour le financement de leurs programmes d’investissement.

Le transfert de la capitale à Yamoussoukro demeure une priorité du Gouvernement avec une dotation conséquente de 20 milliards pour la poursuite des travaux.

Sur le plan sécuritaire, le souci du Gouvernement d’assurer de façon continue et efficace la sécurité des personnes et des biens conduit à l’inscription de crédits à hauteur de 16,8 milliards. Ces crédits serviront essentiellement au financement du programme d’urgence sécurité, à l’équipement des commissariats de police en vue d’accroître la mobilité et la capacité d’intervention des unités et à la réhabilitation des casernes militaires.

Le Budget 2008 qui s’inscrit dans la dynamique de la normalisation de la Côte d’ivoire est en même temps marqué par la volonté du Gouvernement de poursuivre résolument les efforts de consolidation des réformes entreprises au niveau des finances publiques, ainsi que l’assainissement des autres secteurs clé de l’économie que sont:

- la filière café-cacao;

- le secteur énergie;

- le secteur financier

Ce budget appelle de par ses objectifs et les choix qu’il opère, l’adhésion de tous, en vue du soutien et de la concrétisation de la volonté collective de paix, d’union et de fraternité qui le caractérise.

C – LES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT

Il est à noter que pour une meilleure exécution du Budget 2008, des mesures d’accompagnement suivantes ont été prises, dont notamment:

- Au titre des dépenses courantes:

la consommation des crédits de fonctionnement sur la base du douzième de la dotation annuelle allouée a chaque département ministériel;

- Au titre des investissements:

la consommation des crédits par tranche trimestrielle de la dotation annuelle allouée à chaque ministère ou institution;

- Au titre des transferts aux institutions, Etablissements publics nationaux (EPN), Sociétés d’Etat et collectivités territoriales :

la consommation des crédits par tranche trimestrielle de la dotation annuelle de chaque institution ou organisme;

- La suppression du recours systématique aux avances de Trésorerie;

- Au titre des marchés publics :

La finalisation au plus vite des diligences préalables devant aboutir à l’élaboration des dossiers d’appels d’offres.

- Le rappel des résolutions du séminaire-atelier sur l’optimisation de la dépense publique au cours de la cérémonie de rentrée budgétaire prévue le 03 janvier 2008.

Avant l’adoption du Budget, le Président de la République a félicité le Premier ministre, le ministre de l’Economie et des Finances et l’ensemble du Gouvernement pour la célérité avec laquelle le budget a été élaboré; ce qui permet à l’Etat de Côte d’Ivoire de retrouver la normalité en la matière depuis le déclenchement de la crise et de répondre dans les délais aux engagements pris vis-à-vis de nos partenaires extérieurs.

Le Chef de l’Etat a relevé d’ailleurs que le fait pour lui, de n’avoir pas saisi le Parlement d’un projet de loi portant budget de l’Etat pour l’année 2008, est dû tout simplement aux contraintes liées aux exigences de nos bailleurs de fonds pour un retour à la normale au 1er janvier 2008.

Le Président de la République s’est félicité de la hausse du budget 2008 qui a dépassé la barre des 2000 milliards, ce qui constitue un symbole et marque la volonté du Gouvernement d’améliorer le niveau de vie des populations.

Le Chef de l’Etat souhaite vivement que le montant des budgets à venir reste au-dessus de cette barre pour permettre à l’Etat de faire des investissements au profit de tous, ce qui appelle une maîtrise des dépenses.

Le Président de la République a également insisté sur la nécessité pour le Gouvernement de prendre des mesures pour lutter vigoureusement contre la cherté de la vie. Pour ce faire, il a instruit le Premier ministre des dispositions à prendre en vue d’arriver à stopper la hausse des prix sur les marchés.

II – DECRETS

Mesures générales

Au titre du ministère de l’Economie et des Finances

Sur présentation du ministre et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé deux décrets.

Le premier décret porte ratification de l’Accord de prêt conclu le 5 septembre 2007 entre le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) et la République de Côte d’Ivoire (RCI) en vue du financement partiel du projet de construction du pont de Jacqueville.

Ce prêt d’un montant de 5 millions de dollars EU, soit 2,5 milliards de francs CFA est destiné à réaliser la construction du Pont de Jacqueville.

La réalisation de cette infrastructure va favoriser :

- une liaison directe, permanente et rapide entre le Département de Jacqueville et le reste du pays;

- le développement des unités industrielles et touristiques de cette zone côtière;

- l’amélioration des moyens de transport entre ce Département et les autres régions du pays.

Ce prêt est octroyé pour une durée de 20 ans avec un différé de 05 ans, au taux d’intérêt de 1,75 % l’an.

A propos de ce projet, le Président de la République a visiblement marqué son soulagement parce que sa réalisation va contribuer de manière significative au désenclavement du Département de Jacqueville et à l’amélioration de son développement.

En attendant la réalisation du pont, le Chef de l’Etat a instruit le ministre des Infrastructures économiques ainsi que le ministre de l’Economie et des Finances, des dispositions à prendre en vue de l’entretien régulier du bac de Jacqueville ainsi que des autres bacs encore en activité (Lahou Kpanda, Eloka. Béoumi).

Le second décret porte ratification de l’Accord de prêt conclu le 8 octobre 2007 entre la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et la République de Côte d’Ivoire (RCI), d’un montant de 5 millions de dollars EU, soit 2,5 milliards FCFA, en vue du financement du Projet de réhabilitation du Lycée professionnel de Man.

Ce prêt doit permettre la réalisation de travaux de restauration du Lycée professionnel de Man qui a subi des dégradations du fait de la guerre.

Il va donc servir a :

- la réhabilitation de l’ensemble des bâtiments du Lycée;

- la fourniture des équipements, des matériels pédagogiques et outils de travail.

Ce prêt est octroyé pour une durée de 30 ans avec un différé de 10 ans, au taux d’intérêt de un (1) %, l’an.

Au titre du ministère de la Communication

Sur présentation du ministre et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé deux décrets :

Le premier décret porte réglementation de l’affichage publicitaire en Côte d’Ivoire.

Ce décret intervient pour assurer l’organisation et le fonctionnement du secteur de l’affichage publicitaire.

Il prend en compte la décentralisation territoriale en attribuant au Gouverneur de District ou au Maire un pouvoir de police en matière d’affichage publicitaire.

Le décret définit et trace de façon claire et précise le canevas des activités autorisées ainsi que celui des différentes interdictions.

Dans cette optique, il pose le principe du libre exercice de l’affichage publicitaire tout en contrôlant cette liberté en vue d’éviter des dérapages.

Enfin le décret renforce la responsabilité du Conseil supérieur de la publicité (CSP) en tant qu’autorité publique de régulation ayant la charge de contrôler l’activité d’affichage publicitaire et pouvant intervenir soit d’office, soit sur saisine en vue de constater les irrégularités et manquements et de les faire cesser.

En définitive, le décret met en place un cadre juridique adéquat pour l’implantation des supports d’affichage publicitaire.

Le second décret porte attributions, organisation et fonctionnement du Fonds de soutien et de développement de la presse.

Ce décret institue un dispositif réglementaire visant la mise en place dudit fonds et ce, en vue d’assurer effectivement un soutien économique et financier aux activités de la Presse, dans sa quête d’information, d’éducation et de formation des citoyens.

Le décret définit en outre, les catégories des entreprises et organisations éligibles au fonds, à savoir :

- les entreprises de presse écrite et les entreprises de communication audiovisuelle du secteur privé;

- les organisations professionnelles de journalistes et de professionnels de la communication.

Il soumet l’octroi des fonds à des conditions tenant à la régularité de l’entreprise de presse ou de communication audiovisuelle ainsi qu’au respect des engagements pris par ces entreprises vis-à-vis notamment de l’Etat, des employés et du citoyen.

III- COMMUNICATIONS

A – Mesure générale

Au titre du ministère de la Fonction publique et de l’Emploi en liaison avec le ministère de l’Agriculture et le ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales

Le Conseil a entendu une communication verbale relative à la visite prochaine en Côte d’Ivoire de deux membres du Congrès américain dans le cadre d’une enquête sur le travail des enfants dans la cacao-culture.

Le Conseil qui a instruit les ministres concernés des dispositions à prendre en vue du bon déroulement de cette mission, entend être mieux informé sur les objectifs d’une telle mission.

Pour le Gouvernement, l’aboutissement devrait être la certification du cacao ivoirien par les Organismes compétents en la matière.

Le Conseil qui sera amplement informé par la suite des résultats de la visite par une communication conjointe des ministres en charge de cette question, a adopté les conclusions de cette communication.

B- Mesure individuelle

Au titre du ministère des Affaires étrangères

Le Conseil a entendu une communication verbale relative aux agréments accordés par :

- la République du Ghana à la nomination de M. Ekra Kouassi Florent, en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, avec résidence à Accra;

- la République de l’Inde à la nomination de M. Zady Gbaka Richard, en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, avec résidence à New-Delhi ;

- la République tunisienne à la nomination de M. Yapo Atchapo Thomas, en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, avec résidence à Tunis ;

- la République fédérale du Nigeria à la nomination de M. Diarra Amidou, en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, avec résidence à Abuja ;

- la République italienne à la nomination de M. Zoro Bi Bah Jeannot, en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, avec résidence à Rome;

- le Canada à la nomination de M. Louis Léon Boguy Bony, en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire avec résidence à Ottawa.

Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.

Avant de clore la séance, le Président de la République a fait un commentaire sur la sortie de crise.

Le Chef de l’Etat se réjouit de ce qu’un pas très important a été franchi avec le démantèlement du front de Tiébissou et de celui de Djébonoua qui marque le début effectif du désarmement des ex-belligérants.

Il a marqué sa foi en la réussite du processus de sortie de crise qui, vaille que vaille, aboutira. Il n’y a donc pas de raison de désespérer même si des rumeurs déstabilisatrices courent partout, aussi bien dans la presse que dans la rue.

Le Président de la République rassure l’ensemble de la Communauté nationale et internationale que toutes les dispositions sont prises pour veiller sur la sécurité des personnes et des biens.

Pour le Chef de l’Etat, des rumeurs de déstabilisation persistent en cette fin d’année, mais il revient au Président de la République et au Premier ministre, de veiller scrupuleusement sur la situation du moment pour annihiler toute tentative déstabilisatrice et assurer ainsi, la réussite du processus de paix par des avancées significatives. C’est le lieu d’insister sur l’importance du pas accompli dans le règlement de la crise socio-politique ivoirienne avec la signature de l’Accord politique de Ouagadougou.

Pour le Président de la République, le pas ainsi accompli vaut tous les autres antérieurement faits parce que cet Accord politique permet de recréer les conditions favorables à l’organisation des élections.

Le Chef de l’Etat fait remarquer qu’il n’y aura jamais l’unanimité sur un tel Accord parce que dans toutes les sorties de crise, il y a toujours quelques mécontents, mais l’essentiel, c’est l’appropriation de l’Accord par le plus grand nombre, ce qui est bien vrai dans le cas d’espèce.

Le Président de la République a bien voulu relever les étapes significatives franchies sur le chemin de la paix et qui doivent être consolidées chaque jour.

Le Chef de l’Etat a ensuite informé les membres du Conseil qu’il effectuera du 09 au 12 janvier 2008, une visite d’Etat dans les Départements d’Adzopé et Akoupé.

C’est après ce voyage, qu’il effectuera une autre visite d’Etat, cette fois-ci très longue, à l’Ouest du pays, qui l’amènera de Zouan-Hounien à Odienné en passant par Danané, Bangolo, Kouibly, Man, Biankouma et Touba.

Le Président de la République a rappelé comme au précédent Conseil des ministres, que c’est après ces visites à l’intérieur du pays qu’il entend saisir le Conseil constitutionnel aux fins de déclarer la fin de la crise et d’autoriser ainsi, l’ouverture de la période électorale.

Ce Conseil des ministres, étant le dernier de l’année, le Chef de l’Etat a souhaité à tous les membres du Conseil ainsi qu’à leurs familles, une bonne et heureuse année 2008 et à la Côte d’Ivoire, une sortie de crise effective ainsi que des élections générales réussies.

Terminant son propos, le Président de la République a autorisé les ministres à prendre quelques jours de congé pour passer la fin de l’année 2007 en famille.

Fait à Abidjan, le 28 décembre 2007

Le Secrétaire général du Gouvernement

Félix TYEOULOU-DYELA

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