Mars 2004

104 - revue de pressedu 31 mars 2004

Mercredi 31 Mars 2004

LA REVUE DE PRESSE

SYNTHESE DE L’ACTUALITE IVOIRIENNE

I.B Attaque les Marcoussistes : « l'opposition a échoué» • Aux Fanci : “ Mettez au pas la minorité criminelle agissante ” (SoirInfo -- Mercredi le 31 Mars, 2004)-- Armand B. DEPEYLA Behe2@hotmail.com -- Virage à cent quatre-vingt degré ( 180 °) que celui emprunté par le sergent chef Ibrahim Coulibaly, maître à penser de la rébellion armée déclenchée le 19 septembre 2002. L’indécrottable putschiste ivoirien, qui vit un exil “ sous surveillance judiciaire à Paris ”, s’est vertement élevé et a dénoncé les appels des partis pro-marcoussis à manifester dans Abidjan, qui ont entraîné une répression contre des civils de la part des forces de l’ordre. Il a aussi demandé aux Forces armées nationales de Côte d’Ivoire ( Fanci) de “ mettre au pas la minorité criminelle agissante ” en Côte d’Ivoire et de veiller “ à la sécurité des populations ”. Ibrahim Coulibaly, qui, on peut le dire, vient de rompre le cordon qui le liait à Soro et à Ado, trouve en effet déraisonnable et même insensée cette manifestation suicidaire des partis marcoussistes qui, en dépit d’un décret présidentiel d’interdiction, n’ont pas voulu baisser pavillon. “ On ne peut envoyer les gens dans la rue sans avoir pris préalablement, les mesures nécessaires à la garantie de leur sécurité, encore moins les encourager à manifester en leur assurant qu’il n’y aura rien, alors même que la répression était programmée et annoncée par le pouvoir ”, s’indigne le sergent chef I.B, dans un communiqué publié à Paris. Cette déclaration du sergent I.B tombe au moment où, dans une nouvelle énergie du désespoir, après le cuisant échec du lundi 29 mars dernier, les formations politiques pro-marcoussis, réaffirment leur volonté de poursuivre la lutte qu’elles ont engagée en faveur de l’application intégrale et effective des accords de Linas-Marcoussis et d’Accra 2 et maintiennent, en conséquence, leur mot d’ordre de marche pacifique jusqu'à la tenue effective d’un meeting géant à la place de la République à Abidjan- Plateau. Pour Ibrahim Coulibaly, jouer du “ matador ” dans une épreuve qu’on sait perdue à l’avance, relève de la folie politique. “ Le sang a coulé, relevant certes de la profonde nature fasciste du régime de Laurent Gbagbo ”, soutient I.B qui prend rapidement le contre-pied de la démarche des pro-marcoussis en soulignant que “ les condamnations verbales ne ramèneront pas les morts à la vie. Exposer des civils aux feux des milices armées, ne conduit qu’à produire des martyrs. Longtemps, ce fut la posture de l’opposition, elle a échoué ”, ajoute l’ex-aide de camp du Dr Alassane Dramane Ouattara, rendant du coup moralement responsables les organisateurs de la marche. Il faut le dire tout net, I.B. est vraiment descendu dans les abîmes de son cœur, pour pondre ce véritable pamphlet contre l’opposition, principalement contre Alassane Dramane Ouattara, dont il dit se désespéré aujourd’hui, parce qu’il “ a échoué ”. Depuis quelque temps, Alassane Ouattara et son poulain d’hier sont, pour ainsi dire, à couteaux tirés. Sentant peut-être la cause politique du leader du Rdr perdue, I.B n’avait pas hésité à envisager lui-même sa candidature en 2005. Depuis, entre les deux hommes, c’est le “ je t’aime moi non plus ”. Les derniers événements viennent de lui donner une autre opportunité pour déverser sa bile sur le “ brave-tchê ” et son "suppôt" Soro Kigbafory Guillaume. Mais dans la foulée, Ibrahim Coulibaly semble retourner le tranchant de son arme contre lui-même en tentant de justifier l’injustifiable, c’est-à-dire la rébellion de 2002. “ C’est pourquoi, nous, militaires, poursuit le sergent-chef, avons pris les armes le 19 septembre 2002 pour faire cesser une situation où nos parents étaient les éternels victimes d’une minorité qui s’est crue toute puissante, parce qu’elle pensait disposer du monopole de la violence ”. "Aujourd’hui, prévient I.B., les jeunes combattants attachés à la démocratie en Côte d’Ivoire n’accepteront plus de voir souffrir ou mourir leurs parents inutilement ” comme pour souffler à la fois, le chaud et le froid. Il le sait, le risque pour lui est grand de s’attirer les foudres des combattants qu’il tente de ménager, tout en tirant à boulets rouges sur l’aile politique conduite par Soro et Dakoury, qui ont justement, appelé, avec le Rdr, le Pdci, le Mfa et l’Udpci à manifester à Abidjan. Ibrahim Coulibaly estime d’autre part que les Ivoiriens ne peuvent se “ décharger de leurs responsabilités sur la France ou la communauté internationale ", dans des propos allusifs aux appels de Soro Guillaume, Alassane Ouattara et Bédié qui réclament une intervention urgente des forces Licorne basées en Côte d’Ivoire pour porter secours aux populations en danger. En se braquant contre les propositions de Soro et d'Alassane Dramane Ouattara ( président du Rdr), et dans une certaine mesure, du président du Pdci, I.B fait prévaloir la primauté de l’autorité de l’Etat. Certes, le mandat onusien sous lequel officient les forces françaises en Côte d’Ivoire les autorise à intervenir pour protéger les populations civiles en danger. Mais là où Ibrahim Coulibaly désavoue le président du Rdr, M. Alassane Ouattara, c’est que, selon lui, le devoir d’assurer la protection des biens et des personnes incombe avant tout aux forces de sécurité et de défense nationales. Dans cette logique, l’ancien putschiste ivoirien appelle enfin l’armée républicaine à mettre au pas “ la minorité criminelle agissante ” et à “ veiller à la sécurité des populations ”. On le voit, par cet appel, I.B semble être en train de négocier sa place du côté des forces régulières.
Jusqu’où ira l'épreuve de force ? (SoirInfo -- Mercredi le 31 Mars, 2004)-- TRA BI Charles Lambert. -- En dépit de l’interdiction, par un décret présidentiel pris en conseil des ministres, de toute manifestation publique sur le territoire national jusqu’au 30 avril 2004, sauf si elle a lieu dans un endroit clos, 7 des 10 signataires des accords de Lina-Marcoussis ont maintenu leur mot d’ordre de manifestation le jeudi 25 mars dernier à Abidjan. Au nom du respect d’une certaine “ liberté de manifester et d’exprimer leur différence” qui leur est reconnu par la constitution en son article 11, Le Pdci, le Rdr, l’Udpci, le Mfa et bien évidemment les trois mouvements rebelles (Mpci, Mpigo et Mjp), ont dit “non ” à la dernière médiation du chef de l’Etat ghanéen et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), John Kufuor. Même l’intervention, à quelques heures de la manifestation, du secrétaire général de l’Onu (Organisation des nations unies), Kofi Annan, qui souhaitait que cette “ marche soit annulée purement et simplement pour privilégier le dialogue ”, est tombée dans les oreilles de sourds. La suite, on la connaît ; Les Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire), réquisitionnées par le président Gbagbo, chef suprême des Armées, pour faire respecter l’ordre républicain, n’ont pas fait dans la dentelle. 37 morts officiellement, 300 à 500 selon les organisateurs de cette marche qui n’a d’ailleurs jamais eu lieu. Face à ce que certains n’hésitent pas à qualifier de “ carnage ” dans une Côte d’Ivoire rongée par une crise profonde qui dure depuis 20 mois, la communauté internationale, garante des accords de Marcoussis, a appelé les Ivoiriens à la “ retenue et au sens de responsabilité ” des dirigeants ivoiriens. Le président français, Jacques Chirac, a exhorté les hommes politiques ivoiriens à “ reprendre la voie du dialogue et de la réconciliation ”, réaffirmant qu’il n’y a pas d’autre solution que l’application des accords de Marcoussis. Le secrétaire général de l’Onu, dont les premiers casques bleus doivent se déployer à partir du 4 avril prochain dans le pays, a appelé, à nouveau, toutes les parties ivoiriennes à la “ retenue et à éviter toute action ” qui exacerberait la situation déjà confuse en Côte d’Ivoire. De leurs côtés, les dirigeants européens, réunis le 26 mars dernier à Bruxelles, ont invité le gouvernement et l’opposition ivoirienne à faire preuve de responsabilité et à reprendre le dialogue pour mettre fin à la violence. Toutefois, ces messages ne semblent pas trouver un écho favorables dans une classe politique ivoirienne qui s’est davantage radicalisée. En effet, dans une déclaration qui a sanctionné la rencontre d’avant-hier lundi 29 mars 2004, le directoire de la coordination des Forces politiques signataires des accords de Marcoussis et d’Accra II, a décidé de maintenir son mot d’ordre de marche dite pacifique jusqu’à la tenue effective d’un meeting géant à la place de la République au Plateau. Ce, quand bien même le décret d’interdiction des manifestations publiques reste en vigueur. La question est de savoir jusqu’où iront le Pdci et ses alliés "marcoussistes" dans l’épreuve de force qui les oppose au pouvoir en place. De l’avis de nombre d’observateurs politiques avertis, le pari des Marcoussistes d’avoir le dessus sur le président Gbagbo dans le présent bras de fer est somme toute difficile à tenir dans un contexte politique ivoirien relativement favorable au chef de l’Etat que la communauté internationale n’a pas blâmé après les événements meurtriers de jeudi 25 mars dernier. “On s’est battu jeudi et il y a eu des morts. Les premiers, au nom de Marcoussis, un accord de paix parrainé par le conseil de sécurité de l’Onu ”, relève un diplomate africain. Dans tous les cas, revenir sur la table de négociation pour parler de l’application des accords de Marcoussis semble plus réaliste pour les marcoussistes aujourd’hui. Ce qui pourrait éviter à la Côte d’Ivoire d’autres bains de sang.
Ce qui s'est réellement passé •Pourquoi le président ghanéen a échoué (SoirInfo -- Mercredi le 31 Mars, 2004)-- Faustin TOHA -- La récente visite du président ghanéen et président en exercice de la Cedeao John Kufuor sur les bords de la lagune Ebrié n’a pas été de tout repos pour le médiateur de la sous-région dans la crise ivoirienne. Le voyage de celui-ci à Abidjan pour décanter le bras de fer engagé entre l’opposition rassemblée dans le bloc des Marcoussistes et le pouvoir, s’est soldé par un échec à la suite d'âpres négociations dont nous vous donnons les détails. John Kufuor a quitté la capitale ghanéenne tôt le matin du mercredi 24 mars 2004. Préoccupé par la situation chez son voisin ivoirien, il avait joint le président Obassanjo du Nigeria qui malheureusement, pour des raisons de famille( il vient de perdre sa mère) avait dépêché son ministre des Affaires étrangères pour rencontrer le président Gbagbo le mardi 23 mars. Le chef de l’Etat ghanéen ne se serait pas engagé dans la négociation s’il n’avait pas le sentiment de pouvoir ramener tous les acteurs de la crise ivoirienne à la raison, selon un membre de son entourage .Une fois à Abidjan, il décide de se rendre, malgré l’insistance de certaines personnes, chez son homologue ivoirien. La personne la mieux indiquée, selon certains, était le Premier-ministre de consensus Seydou Diarra. Il se défend et explique qu’il faut avant tout rencontrer le “ chef de terre ” avant d’entamer toute discussion. C’est ainsi que ce mercredi 24 mars, il fonce directement à Cocody chez Gbagbo avec lequel il a un bref entretien. Celui-ci le met en confiance en lui donnant carte blanche pour la suite des négociations. Laurent Gbagbo ne voit pas d’inconvénient, s’il doit lui-même rejoindre le groupe des Marcoussistes rassemblé au 23ème étage de l’hôtel Ivoire où la délégation du Front populaire ivoirien (Fpi) a été priée de quitter la salle avant le début des négociations. Le chef de l’Etat ghanéen part très confiant pour le lieu de la rencontre .Quelques minutes auparavant, il a reçu un code diplomatique qui le rassurait quant à la mise en veilleuse de la marche projetée par l’opposition le jeudi 25 mars 2004, malgré le décret d’interdiction pris en conseil des ministres le 17 mars 2004. Une vraie bombe dans l’air que la communauté ouest africaine ne voulait pas laisser éclater . “ Good news mister président ”.Traduisez :“ Bonnes nouvelles, monsieur le Président ”.Celui qui s’adressait ainsi à John Kufuor avait pris part à la rencontre initiée par Albert Tévoédjré, le Président du comité de suivi des accords de Marcoussis et représentant spécial du secrétaire général de l’Onu à Daoukro, afin de discuter de la situation socio-politique avec Henri Konan Bédié, le président du Pdci-Rda. Dans sa ville natale, il semble que l’ancien président de la République ait donné quelques signes d’ouverture et de dialogue. John Kufuor qui ignore ce que le bloc des Marcoussistes lui réservait, apparaît d’ailleurs très décontracté devant Bédié a qui, il adresse quelques paroles aimables . “ You feel all rigth .I can see ”. Traduisez : “ Vous avez bonne mine. Cela se remarque. ”. Mais la rencontre avec les différents responsables de l’opposition va se dérouler dans une ambiance terne et à la limite humiliante pour le Président en exercice de la Cedeao. Pendant pratiquement six heures d'horloge, il écoute chacun d’eux . Tout tourne autour du mémorandum et surtout de l’application, selon eux, biaisée de l’accord de Marcoussis. A un moment donné, le président ghanéen se perd en conjectures devant l’intransigeance de l’opposition .Et , il les interroge à nouveau. “ I heared Marcoussis. We can go and meet the président Together ”. Traduisez “ Tout tourne autour de Marcoussis. Allons chez le président qui est disposé à vous recevoir séance tenante ” . Toute chose qui a semblé irriter Dacoury Tabley, qui a même élevé le ton : “ Nous ne pouvons pas accepter d’être menés en bateau ”.Il est ensuite rejoint par Alphonse Djédjé Mady, qui comme à ses habitudes, fait montre de sa bonne culture africaine. Il raconte une fable dans laquelle joue des araignées. Le président ghanéen qui ne comprend rien dans le développement fait par son interlocuteur, glisse discrètement une note à son traducteur. “ It drives me crazy ” .Traduisez :“ Ça me rend fou ”.Après plusieurs heures de chaudes discussions, John Kufuor est mis devant les faits accomplis. Il confie à son entourage le coup qui lui a été fait par l’opposition. En vérité, Henriette Diabaté était déjà consentante pour l’annulation de la marche . Sans oublier les gages donnés par le président du Pdci-Rda. C’est un président en exercice de la Cedeao très désappointé, qui part rencontrer Laurent Gbagbo pour lui rendre compte de l’échec de sa médiation. Abandonné par le bloc des Marcoussistes au 23ème étage de la tour de l’hôtel Ivoire , il ne pensait qu’à regagner Accra. Une fois dans la résidence de son homologue ivoirien, il trouve le courage de donner un dernier appel téléphonique à Kofi Annan. Il choisit de s’exprimer en Ashanti, langue locale ghanéenne qu'il partage avec le secrétaire général de l'ONU, et plaide pour que celui –ci fasse une dernière pression sur l’opposition ivoirienne. Il a le temps de rappeler aux Ivoiriens que le plus important est de créer les conditions pour l’organisation d’élections justes et transparentes en 2005. Et l’envoi des casques bleus est une occasion à saisir, selon lui, pour mettre fin à la souffrance et à l’angoisse des populations .Dans l’entourage du président Kufuor, l’on est pessimiste et craint que le maintien de la marche ne mette à mal le processus de réconciliation nationale parrainé par l’ensemble de la communauté internationale et singulièrement la Cedeao. L’échec des pourparlers et surtout l’attitude de certains responsables ont été qualifiée d’humiliants par Kufuor qui, selon certaines indiscrétions, digère difficilement ce que lui a réservé l’opposition ivoirienne.
Ce que préparent les Marcoussistes (SoirInfo -- Mercredi le 31 Mars, 2004)
-- Armand B. DEPYLA Behe2@hotmail.com -- Actions de grande envergure ou actions d’éclat, en tout cas, les partis pro-marcoussis, n’entendent pas jeter la manche après la cognée. Une cognée qui leur a été, le 25 mars dernier, fortement préjudiciable en terme de pertes en vie humaine, suite au mot d’ordre de marche qu’ils ont lancé pour, disent-ils, demander l’application stricto sensu, des accords de Linas-Marcoussis et d’Accra 2. Ces formations politiques ( Pdci, Rdr, Mfa, Udpci et les FN) qui semblent chercher depuis cinq jours, des “ poils sur un œuf ” dans l’inventaire des tueries qui reste encore difficile a établir ( 37, 200, 300, 350 ou 500 morts selon envisagent maintenant des actions de grande envergure, pour faire plier Laurent Gbagbo, aujourd’hui très embarrassé par l’ampleur de la répression, à leur ouvrir l’accès à la place de la République au Plateau. Pour eux, il est hors de propos de mettre des militants dans la rue, qu’une partie soit prise à parti par les forces de l’ordre et ce, même trois jours après la manifestation qui n’a, du reste, pu avoir lieu, et que l’autre partie décampe. “ Nous ne saurions assumer une telle responsabilité devant l’histoire et la mémoire des militants tués ”, nous ont indiqué hier certains membres du directoire des partis pro-marcoussis. Pour sa part, Djedjé Mady, secrétaire général du Pdci, président de ce directoire, a carrément mis le pied dans le plat. “ Nous maintenons le contact avec les différentes organisations internationales. Nous nous réunissons mercredi ( c’est-à-dire aujourd’hui) à 15 h pour faire le point ”. Tactiques et stratégies Convaincus que le tollé général soulevé par les nombreux morts de la répression de cette marche dans l’opinion nationale et internationale, au regard des condamnations qui fusent de partout, fait tourner le vent en sa faveur, les Marcoussistes ne veulent pas du tout reculer. A cet effet, ils tiennent un conseil, qui a tout l’air d’un conseil de guerre, ce mercredi après-midi, dans un lieu tenu encore secret. Il s’agira, nous a -t-on dit “ de prospecter de nouvelles formes de lutte ”. Un large éventail de formes de lutte est à la portée des Marcoussistes, qui, il faut l’indiquer, n’arrivent toujours pas à s’accorder sur le départ de Gbagbo. La première stratégie, Djédjé Mady l’a lui-même dévoilée hier, dans une déclaration rendue publique. Il s’agira encore de pousser Gbagbo à la faute en l’attirant, une fois de plus dans un guet-apens, pour ne pas dire chausse-trappe, à travers de nouvelles marches. Au terme des débats, le lundi dernier 29 mars, le directoire de la coordination s’est indigné et a condamné la répression “ brutale, barbare et sauvage, qui, en dépit de la constitution, tente d’assassiner la démocratie dans notre pays. Le directoire réaffirme sa ferme volonté de poursuivre la lutte qu’il a engagée en faveur de l’application effective et intégrale des Accords de Linas-Marcoussis et d’Accra 2. Il rassure de sa détermination à défendre et à faire respecter les libertés d’expression et manifestation consacrées et protégées par l’article de notre constitution. En conséquence, le directoire de la coordination a décidé de maintenir son mot d’ordre de marche pacifique jusqu’à la tenue effective d’un meeting géant à la place de la République, à Abidjan-Plateau ”. Cette déclaration des Marcoussistes, qui, selon des sources dignes de foi est prise très au sérieux au sommet de l’Etat, cache bien des actions annexes qui se résument en trois ou quatre petites stratégies. La seconde phase, verra une sorte de ville morte avec l’entrée en scène, de façon bruyante et guerrière, des syndicats des chauffeurs de taxi Wôrô-wôrô, de Gbaka et autres taxis communaux, dont les responsables sont en majorité, militants ou dirigeants du Rassemblement des républicains ( Rdr). L’on parle même de la provocation, du moins artificiellement, d’une pénurie de carburant en Côte d’Ivoire, à l’échelle du pays. Une terreur à grande échelle se noue donc silencieusement sous les pieds des Ivoiriens. Un naufrage politique n’est pas à exclure… L’appel du Dr Alassane Dramane Ouattara, président du Rdr n’est pas fortuit. “ Les forces françaises de Licorne et africaines sont sur place et voient ce qui se passe. Nous estimons qu’il y a un devoir d’assistance à personne en danger ” se fondant sur la résolution 1464 de l’Onu, qui prévoit l’intervention des forces impartiales pour protéger les civils directement menacés. Au plan politique, si ce n’est déjà fait, les partis signataires de Marcoussis, sauf le Fpi, le Pit et l’Udcy, rappelleront leurs députés à la maison. Ils ne sortiront pas de l’hémicycle officiellement pour ne pas paraître comme étant ceux-là même qui ne veulent pas de l’application de Marcoussis, surtout que le gros du travail repose sur leurs épaules. Mais, ils ne participeront pas, en tout cas, jusqu'à nouvel ordre, aux travaux de l’Assemblée nationale. La stratégie consistera à dire “ nous continuons de compter nos morts ” pour éviter de se présenter à l’Assemblée nationale. Et quand on aura fini ( ?) de compter les morts, on trouvera à dire “ on attend les résultats de l’enquête de la communauté internationale ” et quand on aura les résultats de l’enquête, on dira, “ on attend les poursuites et les condamnations subséquentes ”. En ce moment, le pays sera dans un profond enlisement politico-social tel qu’un clash serait inévitable. C’est dans ce cul de sac, cet entonnoir sans fond que les pro-marcoussis veulent entraîner Gbagbo. Les dés de l’enlisement semblent avoir été jetés depuis avant-hier, tant à l’Assemblée nationale qu’au palais de la présidence de la République, où, d’une part, les députés ont boycotté les travaux et d’autre part, les responsables des pro-marcoussis ont fait faux bond à Gbagbo. Aujourd’hui, ils refusent toute discussion avec le président Laurent Gbagbo. “ Nous ne sommes pas prêts à nous asseoir à la même table que les bourreaux de nos militants. Ce monsieur a les mains sales ”, a indiqué, tout trempé de colère, M. Cissé Bacongo, porte-parole des formations pro-marcoussis. M. Djédjé Mady, secrétaire général du Pdci, a lui aussi rejeté tout contact avec Laurent Gbagbo.
Djédjé Mady : “Nous maintenons le mot d'ordre” (SoirInfo -- Mercredi le 31 Mars, 2004)
-- Pour le Directoire Le président Pr. Alphonse DJEDJE Mady -- Déclaration des forces politiques signataires des accords de Linas Marcoussis et d'Accra II Ce lundi 29 mars 2004, le directoire de la coordination des forces politiques signataires des accords de Linas Marcoussis et d'Accra II s'est réuni, de 14 heures 30 à 17 heures 30, pour analyser la situation socio-politique nationale, suite au maintien de son mot d'ordre de marche pacifique lancé depuis le jeudi 25 mars 2004. Au terme des débats, le directoire de la coordination s'indigne et condamne la répression brutale, barbare et sauvage qui, en dépit de la Constitution, tente d'assassiner la démocratie dans notre pays. Le directoire de la coordination réaffirme sa ferme volonté de poursuivre la lutte qu'il a engagée en faveur de l'application effective et intégrale des accords de Linas Marcoussis et d'Accra II. Il rassure les militants et sympathisants, ainsi que tous les Ivoiriens épris de liberté, d'égalité, de justice et de paix de sa détermination à défendre et à faire respecter les libertés d'expression et de manifestation consacrées et protégées par l'article 11 de notre Constitution. En conséquence, le directoire de la coordination a décidé de maintenir son mot d'ordre de marche pacifique jusqu'à la tenue effective d'un meeting géant à la Place de la République, à Abidjan Plateau. Une réunion se tiendra le mardi 30 mars 2004, en vue de définir la conduite à tenir et les actions à mener. Fait à Abidjan, le lundi 29 mars 2004 .
Le Burkina Faso et le Mali protestent auprès de la Côte d'Ivoire (L'Inter -- Mercredi le 31 Mars, 2004)-- JMK AHOUSSOU -- Les événements du jeudi 25 mars dernier continuent de faire des vagues. Surtout auprès de la communauté internationale. En effet, le gouvernement burkinabé a officiellement protesté hier avec “véhémence ” auprès de l'ambassade de Côte d'Ivoire à Ouagadougou après les violences du 25 mars à Abidjan. La raison de cette protestation, c’est qu’au “moins quatre ” ressortissants burkinabé ont été tués par les forces de l'ordre ivoiriennes. “ Le Burkina Faso déplore cette situation malheureuse et exprime sa profonde préoccupation ”, a indiqué le ministère des Affaires Etrangères dans une note remise à l'ambassadeur de Côte d’Ivoire à Ouagadougou, convoqué pour la circonstance à ce ministère. “ Toutefois, le Burkina réaffirme sa disposition à œuvrer sur le plan régional et international à l'instauration d'un climat favorable et propice en vue de l'application des Accords inter-ivoiriens de Linas Marcoussis ”, a pour sa part déclaré le ministre d'Etat burkinabé des Affaires Etrangères, M. Youssouf Ouédraogo. Le Burkina Faso n’a pas été le seul pays de la sous-région à protester vigoureusement contre ces violences du jeudi 25 mars dernier. En effet, une formation politique malienne, la Solidarité Africaine pour la Démocratie et l'Indépendance (SADI), a dénoncé le fait que des ressortissants maliens avaient été “assassinés ” en Côte d'Ivoire lors de ces mêmes événements. Les affrontements à Abidjan du jeudi dernier entre forces de l'ordre et militants de l'opposition avaient fait “37 morts ” selon un bilan officiel, et entre “350 et 500 morts ” selon le bilan de l'opposition. “ Des informations font état d'assassinats et de persécutions de Maliens ”, a indiqué la SADI dans sa déclaration rendue publique à Bamako. “ On tue par dizaines des Maliens et d'autres étrangers ”, a par ailleurs précisé un responsable de ce parti. Selon lui, “la plus grande tuerie ”, notamment de Maliens, a eu lieu le vendredi 26 mars dans une mosquée d'Abobo. Selon la SADI, plusieurs familles maliennes sont sans nouvelles de leurs proches, et les commissariats de police d’Abidjan “sont transformés en centres d'exécutions sommaires ”. Le parti du ministre Oumar Mariko demande par conséquent la “mise en accusation devant une juridiction internationale ” du Chef de l’Etat ivoirien, Monsieur Laurent Gbagbo. Mais il faut le dire, cette prise de position de la SADI, un parti politique malien qui a un ministre au gouvernement et six sièges de députés aux législatives de 2002, ne fait qu’emboîter le pas à un communiqué officiel du gouvernement malien qui a exprimé sa forte préoccupation “pour la sécurité de ses nombreux ressortissants ” en Côte d'Ivoire. Comme on le voit, les événements du jeudi 25 mars dernier continuent de faire des vagues dans la grande communauté ouest-africaine.
Gbagbo multiplie les consultations avec des Marcoussistes (L'Inter -- Mercredi le 31 Mars, 2004)-- F.D.BONY -- Le domicile du Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, ne tarit pas des partis présents au Gouvernement depuis les graves événements qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire, le 25 Mars dernier. A défaut du dialogue avorté le lundi avec les initiateurs de cette manifestation avortée, le Président de la République a entamé une série de consultations qui se sont poursuivies encore, hier. C’est le parti ivoirien des travailleurs(PIT), en la personne de son premier secrétaire national, le PR. Francis Wodié, qui a eu sa part d’entretien, en début d’après midi, ce mardi, avec le Chef de l’exécutif ivoirien. A l’image des premières consultations entamées avec l’Union pour la Démocratie et pour la Paix en Côte d’Ivoire(UDPCI) dans la soirée de dimanche, les échanges entre le Président et son hôte du jour se sont déroulés dans la stricte intimité. Rien n’a filtré de cet entretien qui intervient au moment où la situation reste encore tendue et passionnée sur l’échiquier politique ivoirien. Le PIT, faut-il le noter, allié naturel du pouvoir, est l’un des trois partis, hormis le FPI et l’UDCY qui ont boudé la marche avortée du jeudi 25 Mars dernier. A la recherche de solution pour remettre le processus de paix sur les rails, la rencontre du Président de la République avec cet allié pourrait bien s’inscrire dans ce contexte qui constitue une préoccupation sérieuse au sommet de l’Etat. Avant le PIT, le Chef de l’Etat a également accordé une autre audience à une délégation de l’UDPCI dont ce sont des cadres qui ont été reçus dans la soirée du dimanche dernier au même endroit. Mais, pour ce deuxième rendez-vous, la délégation qui a rencontré le Président de la République a été conduite par l’ex ministre de l’environnement, Gilbert Bleu Lainé. Et comme les autres fois, aucune information n’a échappé de cette audience. D’aucun parle de préparatifs des obsèques de l’ancien Chef de la transition militaire, tué dans les premières heures de la rébellion ivoirienne. Quand selon d’autres sources, les consultations répétitives, ces jours-ci, de l’UDPCI avec le Chef de l’Etat n’ont d’autre objet que des négociations par rapport à la crise qui prévaut entre le Président de la République et le bloc des partis dits Marcoussistes depuis quelques jours. Il faut noter que le parti de feu le GL Guéi compte jusqu’à sa mort , parmi les alliés déclarés du pouvoir avec lequel il a toujours fait front commun, notamment dans les heures chaudes au Parlement. Mais l’UDPCI constitue à ce jour, l’un des maillons du groupe des sept « Marcoussistes » qui tentent de donner du fil à retordre au Président de la République, si bien que les murmures montent déjà entre les rangs de ses nouveaux partenaires au combat sur ses entrées et sorties au domicile du Chef de l’Etat
Villepin sort enfin de sa réserve (L'Inter -- Mercredi le 31 Mars, 2004)-- JMK AHOUSSOU -- On en était à se demander où était passé le Chef de la diplomatie française, le ministre Dominique Galouzeau de Villepin. En effet, face aux violences du jeudi 25 et du vendredi 26 mars derniers, ce grand défenseur des Accords de Marcoussis, dont il fut le maître d’œuvre en janvier 2003, a observé un silence qui avait fini par déranger plus d’un observateur, habitué qu’il est à monter au créneau quand des écarts se font sentir en Côte d’Ivoire au niveau de l’application desdits Accords. Sentiment de dépit face à une Côte d’Ivoire qui n’évolue pas ? Ou sentiment de désintérêt ? En tous cas, depuis le lundi 29 mars dernier, le Chef de la diplomatie française est sorti de sa réserve en condamnant “fermement (les) très graves incidents ” qui ont fait “de nombreuses victimes ” à Abidjan, non sans appeler toutes les parties à leurs “responsabilités ” et au respect des Accords de Marcoussis. “ Depuis le 25 mars de très graves incidents se sont déroulés à Abidjan. La France condamne fermement ces actes qui ont conduit à de nombreuses victimes ”, écrit notamment le ministre Dominique de Villepin dans son communiqué. “ Toute la lumière doit être faite dans les meilleurs délais. Les responsabilités de chacun doivent être clairement établies et les conséquences définitivement tirées... Une commission d'enquête est indispensable. La France appuie la demande faite en ce sens par le Comité de suivi des Accords de Marcoussis ”, ajoute le ministre. “ Face au risque de dérive, chacun doit assumer ses responsabilités: il revient aux autorités ivoiriennes d'abord d'assurer la protection et le respect des populations civiles, le retour au calme et le maintien d'un Etat de droit. Et à l'ensemble des responsables politiques de réaffirmer concrètement leur engagement en faveur de la réconciliation nationale ”, a réaffirmé le ministre de Villepin qui indique aussi, qu'en liaison avec le secrétaire général de l'ONU et la Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la France “examine actuellement les moyens de renouer les fils de la concertation ”. “ Chacune des parties doit respecter les engagements pris à Marcoussis... (et) les mettre en œuvre de manière simultanée et progressive ”, a-t-il notamment ajouté. Tout en soulignant l’appui avec détermination que l'ONU, la CEDEAO et les principaux partenaires de la Côte d'Ivoire apportent aux Accords de Marcoussis, le Chef de la diplomatie française a déclaré qu’il “revient au gouvernement de réconciliation nationale dirigé par le Premier ministre de le mettre en œuvre sous la responsabilité du chef de l'Etat. Ce processus doit conduire à des élections incontestables, seule issue définitive à la crise ”. “ Nous attendons tous de l'ensemble des forces politiques ivoiriennes qu'elles assument leurs responsabilités et s'engagent définitivement sur la voie du dialogue et de la réconciliation ”, a conclu le ministre de Villepin pour qui les violences du jeudi 25 et du vendredi 26 mars derniers constituent une aubaine pour se replonger dans le dossier Côte d’Ivoire qui lui a valu tellement d’inimitiés.
Le Front No: 599 du Mercredi 31 Mars 2004
après le jeudi noir
Seydou Diarra relance Kufuor

Le Premier ministre, Elimane Seydou Diarra, selon Rfi, s’est rendu depuis hier à Accra au Ghana pour rencontrer le président John Kufuor. Cette visite au président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) intervient après l’échec de la rencontre du chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo avec l’opposition.
Rappelons qu’à la veille du mot d’ordre de la marche du 25 mars lancé par l’opposition, le président en exercice de la Cedeao, John Kufuor a rencontré les initiateurs de cette manifestation. Pendant près de six heures d’entretien, le président ghanéen n’a pu convaincre l’opposition de renoncer à son mot d’ordre. A l’opposé, il n’a pu convaincre non plus le président Gbagbo d’encadrer la marche. Et il est rentré bredouille à Accra sans obtenir gain de cause. Il a été à la limite, honni par les deux parties. Au regard de ce qui précède le président de la Cedeao acceptera-t-il de revenir dans la capitale économique ivoirienne ? En effet, M. Diarra tentera de convaincre John Kufuor de revenir sur les bords de la lagune Ebrié, afin qu’il négocie le retour au gouvernement de l’opposition. Celle-ci a suspendu sa participation au gouvernement de réconciliation nationale après le massacre de ses militants par l’armée, le 25 mars dernier. Elle demande à la communauté internationale de situer les responsabilités de cette barbarie. L’opposition n’entend pas enjamber les cadavres pour revenir au gouvernement.

Répression armée de la marche des Marcoussistes
Laurent Gbagbo, un destin scellé
Comme les hommes changent. Certains en bien. D’autres en mal. Laurent Gbagbo appartient sans conteste à la deuxième catégorie.

Hier, il était le guerrier intrépide et courageux en croisade contre la dictature, le règne de la pensée unique et l’étouffement de la liberté, de toutes les libertés. Aujourd’hui, tournant le dos à tout ce qui a fait sa popularité et fondé sa légitimité, il s’érige en dictateur et fait gazer, massacrer et tuer de pauvres manifestants qui ne voulaient que… marcher.
Assurément, le président Gbagbo a renié l’ex-opposant Gbagbo. Et pourtant, c’est du fruit du travail du second que bénéficie aujourd’hui le premier. En effet, c’est parce que l’ex-opposant était porteur d’un idéal de liberté et d’épanouissement que, très tôt, il a pu conquérir le petit peuple. Il apparaissait alors comme le défenseur de la veuve et de l’orphelin. Il était la voix des sans- voix et le visage de tous ces anonymes, citoyens de seconde zone, taillables et corvéables à merci écrasés par la misère, et aussi, mais surtout, par le manque de liberté. Que ne leur a-t-il pas promis ? Du pain et du travail, certes, mais aussi la démocratie, l’autre nom de la liberté. Et les masses, conquises et subjuguées ont applaudi ce Spartacus des temps modernes venu les affranchir du joug du parti unique, vecteur de tous leurs maux. Là! L’homme a déçu. Il était venu apporter l’espoir et la vie aux déçus des régimes passés, il fait naître le désespoir et donne la mort comme la grue aux grenouilles. Le jour de son accession au pouvoir est sans doute à considérer. Comme le jour le plus noir de l’histoire du pays. La Côte d’Ivoire a aujourd’hui mal à son président. Si encore il avait été bien élu, on eût pu souffrir dignement de ses dérives, puisqu’elles auraient été méritées. Mais non, élu dans des conditions qui étaient tout sauf démocratiques et transparentes, ce mal élu n’a pas l’humilité de courtiser la sympathie de tous les Ivoiriens. Mais avec une politique qui fait l’éloge de la tribu et du village, il clientélise les autres ethnies par la distribution de quelques ‘’billets’’, quelques réalisations et des promesses. L’électrification de certains villages participe de cette stratégie de séduction. Mais, c’est de bonne guerre, il élargit son électorat. Il vient cependant de commettre une faute politique lourde en réprimant de la manière la plus sanglante la marche des militants des partis signataires de Marcoussis. C’était la faute à ne pas commettre. L’histoire fourmille d’exemples de présidents à qui le massacre des populations a été fatal. Qu’il s’agisse de Milosévic, Duvalier (mère et fils), Ceaucescu, Moussa Traoré, Jean Bertrand Aristide, Ange Félix Patassé, etc… Ils ont en commun d’avoir été chassés du pouvoir après avoir massacré leurs peuples. L’historien qu’il est, sait sans doute que les présidents qui ont fait massacrer leurs peuples, l’ont payé chèrement. D’une manière ou d’une autre. Qu’il sache donc que son destin est désormais scellé. Il ne peut en réchapper.
Massacre des populations les 25 et 26 mars derniers
Tôt ou tard, Gbagbo paiera
Lorsqu’à la veille du sommet des chefs d’Etat de Kléber, le 25 janvier 2003, le président Blaise Compaoré prédisait à Laurent Gbagbo qu’il finirait devant le tribunal pénal international (Tpi), peu d’observateurs ignoraient que le dictateur ivoirien, obsédé par son maintien au pouvoir, pousserait le cynisme jusqu’à préméditer et planifier le massacre de ses concitoyens.

Une autre date, le 25 mars dernier est venue s’ajouter au tableau macabre des commémorations dont la Côte d’Ivoire est coutumière depuis l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir. Les 24 et 25 octobre 2000, la coïncidence des dates est frappante, des centaines de civils se faisaient massacrer à son appel afin de lui permettre de s’asseoir dans « le fauteuil présidentiel ». Un rêve longtemps caressé pour lequel il a pris l’Ecole ivoirienne en otage et hypothéqué l’avenir de miliers d’élèves et d’étudiants. Le bilan de 300 morts lié aux violences post-électorales d’octobre 2000 a semble-t-il convaincu le chef de file des refondateurs de ce que c’est au prix du sang des Ivoiriens qu’il fortifierait son emprise sur le pays. Depuis, plus rien ne l’empêche de faire couler le sang innocent d’innocentes victimes dont le crime est parfois d’être d’un bord ‘’politiquement incorrect’’. La répression de la manifestation du 25 mars dernier n’échappe pas à cette logique. Pis, aujourd’hui la volonté du régime de donner la mort ne fait aucun doute. Elle est établie. Primo, c’est de façon unilatérale que le décret d’interdiction de la marche a été pris. En violation des dispositions constitutionnelles qui l’autorisaient. Deuxio, la déclaration des lieutenants-colonels Dogbo Blé Bruno et Ahouma Nathanaël respectivement commandants de la garde républicaine et du groupe de sécurité présidentielle instituant une zone rouge, en l’occurrence, la place de la république au Plateau, conforte dans l’idée de la préméditation des crimes perpétrés. En effet, alors que la marche initialement prévue n’a pas eu lieu pour cause de réquisition de l’armée aux fins d’une opération de maintien de l’ordre ( !), la zone rouge s’est déportée aux domiciles de paisibles citoyens qui, par peur n’ont pas osé sortir de chez eux. La plupart des personnes tuées l’ont été à leur domicile et non dans les rues où ont été déployés, avec un arsenal de guerre, des militaires dont la mission première, n’est autre que de défendre la nation attaquée contre ses ennemis. Ce qui ne saurait être le cas des manifestants ( ?) abattus. La dotation des forces de défense et de sécurité en munitions en nombre suffisant. 60 pour les pistolets Beretta, selon les témoignages des éléments de la police nationale sur le terrain, la sortie des chars de combat, la réactivation des hélicoptères et autres avions montrent que Laurent Gbagbo n’a pas sorti son armée pour qu’elle vienne jouer les touristes dans les rues du district d’Abidjan et au-delà. En témoigne la brutalité avec laquelle les soldats ont réprimé la manifestation. Tirant sans sommation sur des personnes aux mains nues en fuite. Le cas du jeune Kouakou Bernard abattu devant la pharmacie Paloma à Yopougon reste flagrant. Le fait que la répression se poursuive après le 25 mars prouve, si besoin en était, que derrière les prétendues consignes de ne recourir qu’aux armes en cas de légitime défense, l’enjeu poursuivi était de traumatiser la population. Dans le but que la majorité silencieuse dont se réclament les pro-marcoussis ne puisse pas s’exprimer. Pour démontrer au monde entier que la minorité du régime qui continue de se servir de la mobilisation du 2 octobre 2002 pour faire croire qu’il est soutenu.
Ce dont il s’agissait pour Laurent Gbagbo et son clan plus qu’isolés n’était donc pas de parer à une prétendue insurrection populaire dont, à ce jour, aucun élément ne permet de justifier l’existence. Il est prouvé que dans l’histoire des dictatures, aucune n’est parvenue à se maintenir par le recours systématique à la violence. Tôt ou tard les dictatures ont fini par répondre de leurs crimes devant la justice internationale, le peuple ou leur conscience.
Pol Pot, Hissène Habré, Amin Dada pour ne citer que quelques-uns ont fait l’amère expérience de l’histoire qui tourne. Laurent Gbagbo, pour avoir placé son mandat sous le signe de la répression ne saurait y échapper.
LE LIBERAL
GBAGBO SE MOQUE DES IVOIRIENS
Le chef de l'Etat se moque véritablement des Ivoiriens. Après les massacres des militants de l'opposition, Gbagbo a saisi l'Organisation des Nations Unies pour faire une enquête internationale. Pour lui, cette enquête doit concerner seulement les deux policiers tués et leurs familles qui auraient été violentées au cours de ces tristes évènements. Gbagbo ne souffle aucun mot sur les 350 ou 500 personnes tuées. La priorité pour lui, ce sont les victimes issues des rangs de la police. On se rappelle aussi qu'Affi N'guessan président du FPI s'était rendu au commissariat du 2ème arrondissement pour présenter ses condoléances aux policiers. En clair, les frontistes ont fait une utilisation politicienne de la mort des policiers, ignorant royalement des autres morts.
Après les tueries massives du 25 mars
DESACCORD AU SOMMET DE L’ETAT
La repression sauvage de la marche des Marcoussistes qui a occasionné les tueries massives le 25 mars a empoisonné les rapports entre le Premier ministre Seydou Diarra et le Président de la République, Laurent Gbagbo. Selon plusieurs sources concordantes, Seydou Diarra et son ministre de la Défense Réné Amani ne sont pas sur la même longueur d’onde que Gbagbo et son ministre de la Sécurité, Martin Bléou. Les premiers reprochent aux seconds d’avoir fait intervenir des forces parallèles qui n’ont rien de républicain dans le maintien d’ordre jeudi dernier.Lors de son message à la Nation, Seydou Diarra avait mis le pied dans le plat : “Je rappelle ici que les forces nationales de défense et de sécurité sont une institution républicaine. C’est à elles que revient la mission d’assurer la sécurité et la défense des biens et des personnes et le maintien de l’ordre public. Aucune autre forme d’organisation informelles parallèles ne peut-être tolérée”. Par ailleurs, Seydou Diarra et René Amani ont également dénoncé le comportement anti-républicain de la garde de Gbagbo qui a outre-passé sa mission originelle pour semer la chienlit dans les quartiers. C’était donc pour faire la lumière sur cette affaire qu’hier après-midi, a été convoquée une réunion à laquelle ont pris part Gbagbo, Seydou Diarra, René Amani et Martin Bléou.
24 HEURE
Rafles et tueries des 25 et 26 mars à Abidjan: Les vérités de Doué à Gbagbo
Le chef d’état-major des FANCI, le Général Mathias Doué, a rejeté récemment la responsabilité de l’armée dans la répression sanglante de la marche pacifique des « marcoussistes », les 25, 26 et 27 mars derniers à Abidjan. Lors d’une séance d’explication-bilan qui a réuni samedi autour du chef de l’Etat, le Premier ministre, le ministre de la Défense, celui de la Sécurité, le général Doué a ouvertement mis en cause, des forces parallèles armées. Seydou Diarra, tirant les conséquences de cette accusation, a réclamé l’arrestation des dirigeants de ces milices armées.
A l’ombre du décompte par les forces politiques de « leurs morts », la question de la responsabilité des hommes en armes se pose déjà à divers niveaux. 24 heures après qu’il avait clairement félicité les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI), le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, a convoqué un conclave au sommet, le samedi 27 mars dernier, avec des responsables gouvernementaux et les chefs militaires. Le premier du genre, après la répression sanglante de la marche de l’opposition, le huis clos a eu lieu au Palais de la présidence du Plateau. Autour du président de la République, se sont retrouvés notamment le Premier ministre Seydou Diarra, les deux ministres de la Défense et de la Sécurité, René Amani et Martin Bléou, et un groupe de Généraux représentant les différents corps d’armées et conduits par le chef d’état-major, le Général Mathias Doué. Prévu pour être un compte-rendu des forces de défense à propos des opérations du jeudi 25 au vendredi 26 mars dernier, la rencontre a plutôt pris les allures d’une véritable séance d’explications. Selon nos sources, le Général de division, Mathias Doué, a dégagé la responsabilité des forces armées régulières dans les nombreuses rafles et tueries qui ont émaillé les deux journées folles et qui se sont poursuivies les jours suivants, dans certaines communes. Il a, en effet, ouvertement indiqué au président de la République, que les FANCI n’ont tiré aucune balle contre les manifestants. Etonné, le président n’a pas manqué d’insister, invoquant, à l’occasion, les images diffusées par les médias. Sûr de son fait, le Général Mathias Doué a dit être en mesure de démontrer, au besoin, grâce à la magie de l’image numérique, les preuves de ses allégations.Comme pour signifier au chef suprême des armées que l’habit ne fait pas le… soldat, il a soutenu mordicus que ceux qui ont tiré, même s’ils étaient armés et portaient des tuniques de l’armée, ne font pas partie de l’effectif des FANCI. Intraitable sur la question de l’implication de ses hommes dans les tueries, le patron des armées a décliné, arguments à l’appui, l’invitation qui lui a été adressée de manière indirecte, de fournir le bilan des événements et les raisons de la répression à la presse. Avant le chef d’état-major, le ministre de la Défense, René Amani, a lui aussi décliné l’offre d’une telle adresse à la nation. Finalement, M.Gbagbo a été obtenu du ministre de la Sécurité, Martin Bléou, de donner la version officielle des 48 heures d’épreuve de force contre l’opposition.Celui-ci a vite fait de trouver au directeur général de la police, le commissaire divisionnaire Yapo Kouassi, le porteur d’eau idéal.D’où la déclaration de ce dernier, le dimanche 28 mars dernier, devant les médias.Comme si les choses étaient convenues, la mise au point du Général Doué n’a pas trahi, du reste, celle du porte-parole de l’état-major des FANCI.Le Colonel Aka N’Goran a indiqué dans la soirée de la première journée des affrontements (jeudi), que les FANCI n’avaient usé que d’armes « conventionnelles », plus exactement de « gaz lacrymogène », pour disperser les manifestants.La question reste entière, quant à la participation aux événements d’autres groupes armés.Dans son message du lundi 29 mars, le Premier ministre a, lui, déploré et condamné l’action de ceux qu’il a qualifiés de « formes d’organisations parallèles ».C’est ainsi que, lors de la rencontre du samedi 27 mars, Seydou Diarra, après avoir obtenu du président Gbagbo l’assurance qu’il ignorait tout de l’existence et des agissements de ces forces parallèles, a instruit les ministres de la Défense et de la Sécurité de mettre aux arrêts les dirigeants de ces milices armées.Vont-ils exécuter la volonté du chef du gouvernement de réconciliation nationale ? Difficile de répondre par l’affirmative dans une ambiance qui confirme de jour en jour la défiance vis-à-vis du Premier ministre, de certaines composantes de l’autorité de l’Etat, proches du palais.Pour sa part, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a indiqué avant-hier lundi, que « les exactions sont le fait essentiellement des membres des forces de défense et de sécurité, parfois appuyés par des civils armés ».En d’autres termes, le MIDH implique les milices.Le hic, c’est que le treillis et les couvre-chefs ne constituent plus une marque distinctive des forces régulières ivoiriennes.Cette situation n’est, certes, pas une pièce à conviction pour les FANCI.Mais elle ouvre une piste, celle de la participation des milices et autres mercenaires.
L’INTELLIGENT D’ABIDJAN
Accusée par ado La Force Licorne répond A la suite des douloureux événements du " jeudi noir ", la force Licorne et celle de la Cedeao (Miceci) ont été accusées de passivité. Face à ces accusations, les soldats français de l'opération Licorne ont décidé de réagir par la voix de leur porte-parole, le lieutenant-colonel Bruno Misset. " Je maintiens ce que j'ai dit auparavant : c'était une affaire ivoiro-ivoirienne ", insiste l'officier français. Avant d'ajouter : " Il faut faire l'historique de cette affaire. Avant la marche du jeudi 25 mars, les autorités ivoiriennes l'avaient interdite, mais elle a eu lieu. Pour ce faire, ils avaient tout bloqué. Selon certaines rumeurs, il s'était passé des choses avant et après. Ces événements ne peuvent êtres vérifiés que par l'Onu (Minuci) ". Continuant sur sa lancée pour expliquer la position de ses ''forces'', il a lancé, un peu énervé par les accusations : " Sur le plan des droits de l'Homme, nous sommes toujours intervenus lorsque nous étions présents au cours de certaines manifestations. Une chose doit être claire dans l'esprit de tous : nous ne pouvons pas intervenir à la place de la police ivoirienne ", martèle-t-il. Non sans souhaiter que toute la lumière soit faite sur ces événements malheureux. " Actuellement, le comité de suivi a demandé une commission d'enquête internationale pour situer les responsabilités de chacun avant et après les manifestations. Dans chaque camp, il y a des responsabilités à partager. Les responsables des tueries des deux camps doivent payer ", assène le lieutenant-colonel Bruno Misset. Et de dédouaner les Licorne : " Je regrette, la force Licorne n'est aucunement responsable de ce qui est arrivé (…) Personne n'était au courant de ce qui est survenu. C'est a posteriori qu'on a pu nous dire sur la base de rumeurs que des choses sont arrivées. L'Onu est chargée de vérifier la véracité des faits ", soutient-il. " La force Licorne qui couvre toute l'étendue de la Côte d'Ivoire a réussi à sauver plus d'un millier d'Ivoiriens dans des situations dangereuses", conclut-il. Le Patriote No. 1371 du Mercredi 31 Mars 2004Répression sauvage de la marche pro-Marcoussis du jeudi 25 mars 2004Alassane Ouattara depuis la France : "Le 18 fevrier 1992, pas une balle n'a été tirée".Le président du Rassemblement des Républicains est très sollicité, depuis son domicile de Mougins dans le Sud de la France, par les médias hexagonaux, Pour se prononcer sur la crise socio-politique en Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara était hier l'invité du journal de France 2. Le lundi 29 mars dernier, il répondait aux questions de Vincent Hervouët, le présentateur du «Journal du monde» sur la chaîne française d'informations en continu LCI.L'opposition a refusé ce lundi de s'entretenir avec le président Gbagbo comme le réclamait ce dernier. Est-ce que cela signifie que le chef de l'Etat est désormais disqualifié pour négocier avec vous une sortie de crise?- ADO : Nous estimons que le plus urgent c'est de compter nos morts et de les enterrer et procéder ensuite à une enquête internationale. Devant un tel drame, on ne peut pas se mettre à discuter. Je pense qu'il faut faire la lumière le plus tôt possible. Il faudrait que l'on sache au plan national et international ce qui s'est passé. Que les sanctions soient prises. Vous savez, le problème de notre pays c'est l'impunité. L'impunité totale face à une répression fatale contre ceux qui ont voulu manifester. La plupart des gens n'ont pas eu l'occasion de marcher. Ils étaient dans leurs quartiers, s'apprêtant à aller à la Place de la République lorsqu'ils ont été cueillis. Et puis il y a aussi l'après-manifestation. Dans la soirée de jeudi les miliciens sont sortis et ont tué...D'après vous, Monsieur Ouattara, est-ce qu'ils ont agi sous ordres ? En clair, quelle est la responsabilité du pouvoir ? Est-ce que vous avez des éléments qui impliquent les autorités dans ces tueries ? (...) Selon vous, qui est derrière ces violences ?- ADO :Non je pense que d'ici je ne peux pas vous dire que j'ai des preuves. Mais d'après les échos d'Abidjan, il s'agit de groupes de miliciens bien connus. D'ailleurs, l'un d'eux avait été dissous en Conseil de ministres. Mais l'on voit bien que ce groupe existe et qu'il reçoit des armes quand il veut. Il s'attaque aux populations, aidé par un certain nombre de militaires. (...) Notamment, on me signale la Garde républicaine, la Garde présidentielle. (...) Pas tous heureusement, car nous souhaitons que l'armée reste républicaine. Nous sommes face à une situation de dictature naissante avec des groupes armés, financés qui peuvent faire ce qu'ils veulent un peu comme à Haïti. (...)Mais il faut bien sûr qu'une enquête internationale nous permette de faire le point. Je voudrais tout d'abord présenter mes condoléances aux familles des victimes et souhaiter un prompt rétablissement aux blessés. C'est un drame pour la Côte d'Ivoire. Nous sommes choqués et nous espérons que la Commission d'enquête internationale fera le point et que nous saurons quels sont les auteurs. Que ces auteurs soient jugés et que des sanctions adéquates soient prises. Il faut mettre fin à l'impunité dans mon pays. (...) Ce soir, le Président Gbagbo affirme rester ouvert à la négociation. Votre sentiment ?- ADO : Oui, c'est une très bonne chose qu'il soit ouvert à la négociation. Mais auparavant, je pense que nous devrions faire la lumière. C'est un préalable. (...)Et ensuite, il faut assurer la sécurité. La plupart des membres des partis politiques ne peuvent pas se mouvoir correctement à Abidjan, par peur de l'escadron de la mort. Il faudrait enfin et surtout que le droit de manifester soit reconnu par le Chef de l'Etat. Souvenez-vous que le 18 février 1992, il avait organisé une manifestation qui avait été interdite par décret pris par le Président Houphouët. Ils ont détruit des véhicules, ils ont cassé des immeubles. Ce que nous avons fait, nous les avons arrêtés. Ils ont été jugés, Ils ont fait quelques mois de prison et ils ont été libérés. Pas une goutte de sang, pas une balle n'a été tirée. Douze ans après, on ne peut pas se retrouver dans une situation de barbarie sans nom.Les troupes françaises sont critiquées ici et là pour être restées l'arme au pied, à l'écart depuis jeudi. Est-ce que vous estimez qu'elles doivent intervenir ? Imposer par exemple un nouveau règlement négocié ?- ADO : Ce qui est prévu par la résolution des Nations-Unies, c'est l'intervention en cas de personnes en danger immédiat. C'était le cas puisque les miliciens passent dans des quartiers, prennent des personnes, les torturent et les tuent dans des commissariats. Les forces Licorne et africaines sont là sur place à Abidjan. Elles voient bien ce qui se passe. Et nous estimons pour notre part qu'il y a un devoir d'assistance à personnes en danger. Nous n'avons rien vu dans ce sens. Nous sommes donc surpris et consternés. (...) M. Ouattara, vous parlez de sécurité, quel rôle doit jouer la France dans cette période parce que ses militaires sont sur place ?- ADO : Avec 4 000 militaires français, 1500 militaires Ouest-africains, je pense que nous avons des forces adéquates pour prévoir la sécurité des uns et des autres à Abidjan, notamment. Quant on parle de désarmement, les uns et les autres pensent aux Forces Nouvelles. Le problème, ce n'est plus les Forces Nouvelles. C'est manifestement une partie de l'armée, c'est manifestement ces miliciens. D'ailleurs, les accords de Marcoussis prévoient le désarmement et la démobilisation de ces milices. Le Président de la République devrait dissoudre et annoncer lui-même la dissolution de ses différents groupes et ceux-ci doivent être désarmés pour qu'Abidjan devienne une place où l'on peut se déplacer sans difficulté. Le problème maintenant, c'est Abidjan.On sent bien que vous n'êtes pas prêts à retourner dans votre pays. Mais est-ce que vous estimez que les accords de Marcoussis sont désormais morts et définitivement enterrés ?ADO : Point du tout. Nous estimons que la seule voie de sortie de cette crise, ce sont les Accords de Marcoussis. Ces accords ont été acceptés par tous. Mais dans l'application, nous voyons les difficultés qui s'imposent. C'est tout ce que cette marche pacifique voulait démontrer. Les interventions des chefs d'Etats africains et de la communauté internationale n'ont pas réussi à amener le pouvoir à appliquer ces accords. Nous avons donné un mémorandum qui contient tous les points de litige. Nous souhaitons tout simplement attirer l'attention de la communauté nationale et internationale sur la nécessité d'appliquer ces accords. Nous y croyons et sommes reconnaissants à la France d'avoir pris ces initiatives.Guillaume Soro : ''Gbagbo respire l'air de ses derniers jours au pouvoir''Samedi 27 mars. Les populations de Bouaké sont sorties massivement pour réclamer le départ de Gbagbo du pouvoir. Chantant et brandissant des pancartes et banderoles aux slogans hostiles au président de la république, elles ont marché 4 heures durant. Traversant les quartiers Dar-es-Salam, Djamourou... les manifestants se sont retrouvés au rond-point de la ville. C'est en ces lieux que le Secrétaire général des Forces Nouvelles s'est adressé à eux. Nous vous proposons l'intégralité de son discours.«Chers amis, Je voudrais, au nom des Forces Nouvelles, au nom du secrétariat général, au nom de l'état-major des Forces Nouvelles, vous dire merci. Merci d'être mobilisés et d'avoir décidé de marcher aujourd'hui contre la dictature de monsieur Laurent Gbagbo. Je salue nos papas et nos mamans qui, malgré le poids de l'âge, ont accepté d'être ici aujourd'hui sous ce soleil ardent pour démontrer leur mobilisation et pour dire non à l'avancée du régime oppressif et sanguinaire. Je suis là ce matin pour vous dire que je suis particulièrement fière des populations de notre zone parce que vous avez tout temps répondu à l'appel des Forces Nouvelles. Je voudrais vous dire que depuis un bon moment, si vous avez constaté, c'est tous les Ivoiriens qui sont unanimes pour dire qu'on ne veut plus de Laurent Gbagbo au pouvoir. Au départ, parce que les gens ont voulu tribaliser le déba ils ont dit ''ah ! non! Ce sont les Forces Nouvelles, les rebelles et le RDR qui n'aiment pas Gbagbo''. Mais aujourd'hui, nous sommes dans un front où se trouvent le PDCI, l'UDPCI, le MFA et le RDR pour dire, ensemble avec les forces nouvelles, haut et fort qu'on ne veut plus de Gbagbo. Et je pense que c'est important. C'est vrai qu'au début, ce qui nous a unis c'était l'accord de Marcoussis. Mais à partir de Jeudi, notre union est devenue sacrée, parce que c'est le sang désormais qui nous unis. Parce que Gbagbo a décidé de tuer tous ceux qui sont du RDR, du PDCI et des Forces Nouvelles. C'est pourquoi j'en appelle à la population. Ceux qui n'avaient pas compris au début, ils doivent comprendre aujourd'hui que ce qui intéresse Laurent Gbagbo, c'est son poste de Président. Il s'en fout du reste. Parce que, s'il doit tuer des centaines de personnes, il n'hésitera pas à le faire. Depuis hier (ndlr, vendredi 26 mars) j'ai décidé d'écrire une lettre au président de la France, parce qu'il faut qu'on parle un peu aux Français. J'ai décidé de lui écrire une lettre ouverte. Le silence de la communauté internationale dénoncéVous savez, ces jours-ci en Europe, dans un pays qu'on appelle l'Espagne, il y a eu des bombes qui ont été posées dans les trains. Ces bombes ont explosé et il y a eu 200 morts en Espagne. Et parce qu'il y a eu 200 morts en Espagne, toute l'Europe, les Etats -unis, tout le monde entier s'est mobilisé contre le terrorisme. Mais chez nous en Côte d'Ivoire, pour la marche de jeudi, aujourd'hui nous sommes à 150 morts. Mais c'est la même chose qu'en Espagne. Pourquoi tout le monde entier n'est pas mobilisé ? Ou bien c'est parce que chez eux ce sont des Blancs, on se mobilise ? Et comme chez nous ici, nous sommes des noirs, des nègres, on s'en fout ? La mort de 150 nègres n'est pas importante pour le monde entier. Et c'est contre cette injustice mais surtout parce que nous luttons pour l'égalité des hommes. Autant les morts en Espagne, c'est révoltant, autant les 150 morts à Abidjan, c'est révoltant. La communauté internationale doit se mobiliser de la même façon que cette même communauté s'est mobilisée en Europe pour soutenir les Espagnols. Il faut qu'on leur dise la vérité. Ce n'est pas parce que aujourd'hui le Port a été donné à la France que la France va se taire sur les tueries qu'il y a en Côte d'Ivoire. On ne peut pas l'accepter. Si Gbagbo a pris le Port des Ivoiriens parce qu'ils disent qu'ils aiment la Côte d'Ivoire, ils doivent savoir que le patriotisme et la souveraineté, ne se font pas ainsi. On ne peut pas dire qu'on aime la Côte d'Ivoire et on découpe la Côte d'Ivoire pour la vendre. C'est pourquoi, je dis qu'à partir d'aujourd'hui, la mobilisation franche contre le régime de Gbagbo doit commencer. Je suis heureux parce que ,hier (ndlr, vendredi), vous avez entendu Gbagbo à la télévision. Il dit que les partis politiques ont voulu faire la marche pour que la rébellion rentre à Abidjan. Nous, on ne se cache pas pour faire ce qu'on a à faire. Si on veut aller à Abidjan, on le fait au grand jour devant les yeux de tout le monde. C'est pourquoi, nous disons que le fait que le Président soit venu faire un discours pour se moquer de la population et des Ivoiriens est un acte suffisamment grave et inacceptable. Mais, comment il peut se permettre de dire qu'il félicite les miliciens, les GPP et certaines forces de l'ordre qui ont tiré sur la population ? On ne peut pas accepter. C'est pourquoi, nous en appelons à l'esprit républicain des forces de défense et de sécurité. Nous en appelons à leur esprit républicain, parce que tous ceux qui sont morts, ce ne sont pas simplement que des petits Dioula. Il y a certains parmi eux qui ont eu leurs frères qui ont été tués aussi. C'est pourquoi, il faut se dire que la balle que tu tires par hasard, peut atteindre quelquefois même un parent. Mais qu'ils sachent que les partis politiques sont décidés. Hier soir encore, nous nous sommes parlé au téléphone... Nous ne pouvons pas accepter d'aller discuter avec un sanguinaire, un dictateur. Donc, si Laurent Gbagbo veut faire un nouveau gouvernement, il n'a qu'à le faire. Nous aussi nous pouvons faire un gouvernement ici. Si c'est par rapport à ça que Gbagbo pense pouvoir retenir les gens à Abidjan avec un gouvernement factice nous n'accepterons pas. Nous allons dire aux gens qui veulent venir faire la médiation, qu'ils auraient dû venir avant le jeudi 25 mars 2004. Ce n'est pas maintenant qu'ils ont tué 150 personnes et qu'on n'a pas encore trouvé leur tombe, que des gens vont venir nous distraire. On n'est pas dans ce genre de négociation. A partir d'aujourd'hui, nous considérons que Laurent Gbagbo n'est pas digne de diriger notre pays. Et je le dis, il faut que ce soit su de tous. C'est pourquoi, la semaine prochaine, nous allons continuer de manifester avec les partis politiques à Abidjan parce que nous constituons la majorité dans ce pays. Nous allons voir quelles sont les nouvelles méthodes que nous allons lancer sur l'ensemble du territoire, à commencer par Abidjan. Si les gens continuent de tuer nos parents là-bas, il faut qu'ils sachent que ici, il y a des garçons et que nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. Nous allons demander à la communauté internationale, si elle est incapable d'assurer la sécurité des populations civiles à Abidjan, nous sommes prêts à aller le faire. Ces forces impartiales ne peuvent pas prétexter de ce que c'est une affaire ivoiro- ivoirienne pour refuser d'apporter une assistance légitime à des personnes en danger à Abidjan. Parce que Gbagbo, lui-même ne maîtrise plus rien dans l'armée, dans la sécurité. Donc, on ne peut pas le laisser faire. C'est un début de génocide qui est en train de commencer à Abidjan et je voudrais attirer l'attention de la communauté internationale là-dessus. 150 morts, c'est trop et c'est inacceptable. On a vu les Américains protéger les populations en Irak, en Haïti. Pourquoi ici - parce que la Côte d'Ivoire est loin des Etats-unis - on ne veut pas protéger la population ? Et les policiers, le GPP, les miliciens de Gbagbo continuent d'aller dans les quartiers comme Abobo, Koumassi pour enlever les gens nuitamment pour les exécuter. Nous disons non. Nous n'allons plus continuer d'attendre parce que si nous disons que nous sommes venus libérer le pays et qu'on veut la démocratie pour le pays, ce n'est pas la démocratie pour un cimetière. C'est maintenant qu'il faut agir et nous allons donner un ultimatum à la communauté internationale. Ou ils sont capables d'assurer la sécurité de la population, ou ils sont incapables et ils se retirent et puis un camp va battre l'autre définitivement et c'est réglé en Côte d'Ivoire. Parce que, au début, nous avons écrit qu'il y a un génocide qui se prépare en Côte d'Ivoire comme au Rwanda. Le Rwanda n'est pas qu'au Rwanda, le Rwanda peut être en Côte d'Ivoire aussi. Il faut qu'on fasse attention. Effectivement, l'interposition française a permis à Gbagbo d'acheter des armes, des MI-24 qui servent à tuer nos parents à Abidjan. Et ils disent que c'est une affaire ivoiro-ivoirienne parce qu'on leur a donné le Port, c'est terminé. C'est au nom de quoi que les Etats-Unis sont allés intervenir en Irak, en Haïti. C'est pourquoi, je dis que nous avons trop de combats à mener. C'est vrai, on doit se battre pour la démocratie, mais aussi on doit continuer de se battre pour l'égalité des êtres humains sur cette terre. Je suis convaincu que le jeudi 25, s'il y avait eu un bébé français qui avait été tué, c'était terminer, ils allaient crier partout. Mais 150 nègres ne valent pas un bébé français. C'est pourquoi, je voudrais en appeler à la population à partir de lundi prochain, moi-même, je vais me déplacer de quartier en quartier, de ville en ville pour mobiliser les gens, pour qu'on fasse une grande démonstration de force, cette fois au stade de Bouaké. Je souhaite que la semaine prochaine, on puisse remplir le stade pour montrer aux gens que nous sommes mobilisés, déterminés et jamais nous accepterons d'être des valets et des esclaves de Laurent Gbagbo. Chère population, Je vous demande de continuer à nous faire confiance et je suis convaincu que si nous restons solidaires, si nous restons engagés, si nous restons mobilisés, et c'est seule cette mobilisation qui arrivera avec le départ de Gbagbo du pouvoir. Et je suis convaincu que Gbagbo est en train de respirer l'air de ces derniers jours au pouvoir. Je vous remercie».NOTRE VOIEPour constituer son charnierBédié cherche désespément des corpsSacrés hommes politiques ! Henri Konan Bédié et ses amis de la rébellion ne dorment plus. Ils sont à la recherche de cadavres pour constituer un charnier. Lequel devrait être imputé par la suite aux forces de défense et de sécurité donc au président de la République. Que ne ferait-on pas pour abattre un adversaire à la déloyale ! Tous leurs services sont sur le terrain à la recherche de ces cadavres introuvables parce que inexistants. La tâche est rude et ardue parce que c’est le baroud d’honneur du prince des Nambê (Daoukro). Il a perdu la bataille de la mobilisation aucun militant de son parti n’ayant répondu favorablement à son appel à la désobéissance. Il lui faut donc gagner la bataille du dénigrement, de l’intoxication. Comme Ouattara en 2000, il se jette aussi à l’eau en espérant secrètement qu’il sera suivi un moment par la communauté internationale. Dommage ! Parce qu’aujourd’hui, plus personne ne veut se faire prendre à un piège à cons. Mais l’homme ne démord pas. Ses hommes de main disséminés à travers les quartiers d’Abidjan, appellent régulièrement les commissariats de police pour les informer de la découverte de cadavres à certains endroits des quartiers. Mais quand la police y arrive, point de corps. Et ainsi de suite. La seule fois où elle a pu retrouver des corps, c’était à Abobo où il avait été annoncé plus d’une vingtaine. Une fois sur les lieux c’est plutôt quatre corps sans vie qui sont découverts. Dans certains commissariats, on a dit que des corps étaient jetés dans la lagune, dans des caniveaux, dans des puits et dans des trous. Dans les lieux indiqués, souvent, soit il n’y a pas de puits dans les environs, soit il n’y a jamais eu aucun trou. Il faut dire que, instruites de l’affaire sombre du fameux charnier de Yopougon, les forces de défense et de sécurité ont pris le soin de ramasser les corps de leurs camarades tombés sous les balles des civils armés pendant que les pompes funèbres ramassaient à leur tour les corps des civils pour les déposer dans des chambres froides. Par ailleurs, la ville est si bouclée par les Fanci qu’il paraît difficile aux fabricants de charniers de s’adonner à leur jeu favori : la constitution de charniers. Mais comme dans la stratégie mise en place figure en bonne place la campagne sur le charnier, ils crient partout au charnier sans avoir jamais vu un seul corps quelque part. Sacrés hommes politiques ! qui se battent sur les corps d’innocentes personnes qu’ils ont envoyées à l’abattoir. Dans ce jeu sordide, ils sont malheureusement accompagnés par des confrères. Lundi, nous avons vu à la Une d’un confrère qu’un charnier a été découvert. Mais on se rend très vite compte, à la lecture de ce qui aurait pu être un scoop, qu’il s’agit en fait, d’un texte qui n’a rien de journalistique. L’auteur ne répondant à aucun moment aux questions fondamentales qui peuvent permettre la compréhension de son laïus. Nulle part, il n’indique où se situe le charnier, qui l’a découvert, combien de corps le composent, quand il a été découvert. Par ailleurs, pas une seule image d’un trou dans lequel des corps auraient été entassés. Cependant, une vieille image de corps entassés les uns sur les autres barre la Une du confrère sans que la photo ne porte la mention «Photo d’archives». Quelle traîtrise ! quelle forfaiture ! quelle méchanceté ! L’objectif visé, on le voit, est de donner un coup de pouce aux hommes politiques qui cherchent désespérément des raisons d’accabler un pouvoir qu’ils ont du mal à déraciner même par la violence. La Une du confrère d’hier est proprement scandaleuse et mérite d’être érigée au titre des «Une à feu» qui mettent le feu entre communautés. Et dire que le texte a été écrit par un jeune homme qui, si les choses arrivaient à se gâter, serait le premier à sauter dans le premier avion pour regagner son pays natal : le Cameroun.On ne demande pas au confrère de ne pas informer les Ivoiriens sur les conséquences de l’insurrection armée du 25 mars dernier. Les Ivoiriens veulent savoir combien de morts il y a eu exactement. Ils veulent savoir aussi pourquoi, malgré l’interdiction de cette marche par décret présidentiel et les appels à la raison de la communauté internationale, Bédié et ses alliés se sont entêtés. Les Ivoiriens seraient heureux de savoir aussi qui sont ces hommes et femmes armés de fusils, de gourdins, de machettes qui ont vaillamment affronté les forces de défense et de sécurité. Ils attendent donc des réponses précises avec des preuves, comme le fait depuis la police nationale.Quoi qu’il en soit, le chiffre de 500 morts que donnent les Bédié et autres n’est pas un chiffre fortuit. Il proviendrait d’un calcul simple.Le bloc rebelle a envoyé au front, le jeudi 25 mars des volontaires ramassés ici et là pour affronter les forces de l’ordre. La plupart d’entre eux seraient venus des zones rebelles. Ils étaient postés un peu partout et devaient empêcher les policiers de travailler. Ce qui devait permettre aux marcheurs d’arriver au Plateau, de prendre le Palais présidentiel et d’y annoncer la destitution du chef de l’Etat.Malheureusement pour les organisateurs de l’insurrection armée, ces hommes kamikaze ont répondu très peu à l’appel après avoir pris leur prime. Certains ont fondu dans la nature, d’autres se sont terrés chez eux ; d’autres encore ont pris des chemins détournés pour rentrer dans leurs pays respectifs. Au décompte final , peu de mercenaires ont fait le travail pour lequel ils ont été engagés et peu ont donné de leur nouvelle après l’échec de l’insurrection armée. N’ayant pas de retour et ne disposant d’aucune information fiable sur les combattants envoyés au front, le bloc rebelle annonce leur mort. Autrement, comment comprendre qu’au lendemain seulement de l’insurrection, Bédié, qui s’est retiré dans son village de Daoukro et qui n’a manifestement pas pu compter les cadavres , puisse annoncer 500 morts ?Evenements des 25, 26 et 27 mars Le Coordonnateur humanitaire de l’ONU lance un appel à la raisonEn l'occurrence le Coordonnateur humanitaire demande instamment à ce que le Droit humanitaire international et la protection de la personne humaine soient respectés et que le libre accès aux victimes, aux blessés, aux détenus et aux populations traumatisées soit donné aux organisations de secours d'urgence et aux agences humanitaires des Nations unies.Le Coordonnateur humanitaire rappelle et constate une nouvelle fois que les populations civiles paient le plus lourd tribut, dont notamment les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables qui ont subi ces trois derniers jours, dans les quartiers périphériques, nombre de violations de domicile, de destruction de biens, de vexations, humiliations et agressions physiques.Face à cette escalade de la violence et à la permanence des conflits inter et intra communautaires qui se poursuivent de façon récurrente dans l'Ouest du pays, avec à chaque fois de nouvelles vagues de victimes et de déplacés, le Coordonnateur humanitaire s'inquiète et saisit le gouvernement sur le risque réel d'une dégradation significative de la situation humanitaire auprès de centaines de milliers de personnes déjà durement touchées et fragilisées par la crise : les personnes déplacées et réfugiées, les communautés hôtes, les familles d'accueil, les femmes et enfants vulnérables... Une conséquence d'autant plus dommageable lorsque que l'on sait les efforts conjugués et permanents de la communauté humanitaire et du gouvernement qui avaient permis peu à peu d'atténuer les effets les plus graves de la crise et même de commencer des programmes d'appui à la réinsertion économique et la réhabilitation. Le Coordonnateur humanitaire s'incline aujourd'hui devant toutes les victimes de cette tragédie et lance un pressant appel à la raison et au sens de la mesure, auprès de toutes les forces en présence et tous les acteurs de la vie politique, afin d'éviter à tout prix la remise en cause de résultats acquis sur le plan humanitaire appliqué en commun depuis le 19 septembre 2002.Insurrection armée du 25 mars Le MIDH et l’OFACI rejoignent le bloc rebelleIl s'agissait, pour eux, de condamner, à travers une déclaration conjointe, les exactions commises, selon eux, sur des populations par les forces de l'ordre et de défense le jeudi 25 mars dernier, date de la marche avortée du bloc rebelle. Ils estiment que, pendant ces manifestations, la population a subi une répression de la part de l'armée réquisitionnée par le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo. Et, depuis cette date, il ne se passe de jour, selon eux, sans que de nouveaux cas d'exactions ne soient relevés. "A ce jour, les investigations sur le terrain ainsi que les témoignages recoupés de plusieurs ONG ivoiriennes permettent de chiffrer le nombre de victimes à plus de six cent (600) dont environ 200 personnes tuées et même des allégations de charniers à plusieurs endroits de la ville : Yopougon N'Dotré, Akouédo et Paillet" , ont-ils soutenu. Selon eux, toutes ces exactions sont le fait essentiellement des forces de défense et de sécurité aidées parfois de civils armés. Les deux conférenciers ont lancé un appel solennel au président Laurent Gbagbo pour l'abrogation du décret N°2004-210 du 11 mars 2004 interdisant les manifestations publique. Cela au nom de la démocratie. "Nous lançons un appel au président de la république, afin que soit levé l'ordre de réquisition de l'armée et l'abrogation du décret N°2004 du 11 mars, afin que soit assurée l'égalité de tous devant la loi et que soit instituée une commission d'enquête internationale pour situer les responsabilités et punir les coupables de massacres et autres exactions". De leur avis, cette mesure d'interdiction générale des marches et des manifestations, même limitée dans le temps, viole le préambule de la constitution qui proclame l'adhésion du peuple de Côte d'Ivoire aux droits et libertés tels que définis dans la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et la charte africaine des droits de l'homme et des peuples de 1981, ainsi que l'article 11 de la constitution. Le MIDH et l'OFACI ont, par ailleurs, lancé un appel aux forces de l'ordre, afin qu'elles se comportent comme de véritables forces républicaines au service de tous et au-dessus des intérêts partisans. Enfin, à la mInUci et aux forces impartiales, le MIDH et l'OFACI ont demandé leur investissement pour l'arrêt immédiat de la répression des populations civiles par les forces de défense et de sécurité. Signalons qu'à la fin de son exposé, M. Touré Amourlaye n'a pas pu convaincre les journalistes sur la véracité des accusations portées contre les forces de sécurité. "Nous n'avons pas vu les corps et les charniers, mais les investigations sur le terrain ainsi que les témoignages recoupés de plusieurs ONG ivoiriennes permettent de chiffrer le nombre de victimes à 600, dont 200 tuées. Nos représentants n'ont pu voir que 3 corps aux alentours de la MACA à Yopougon" ,s'est-il contenté de dire.FRATERNITE MATINTextes de Marcoussis à l’Assemblée nationale .ISSA DIAKITÉ ABSENT, LES DÉPUTÉS EN COLÈRE Le ministre de l’Administration du Territoire n’a pu présenté le projet de loi sur l’identification et celui modifiant la loi créant la CEI au grand dam des députés qui ont fait le déplacement L’examen des projets de loi issus de l’accord de Linas-Marcoussis devait se poursuivre hier, en session extraordinaire, à l’Assemblée nationale sur deux textes. D’une part, le projet de loi portant modification de la loi n°2002-03 du 3 janvier 2002 relative à l’identification des personnes et au séjour des étrangers. D’autre part, le projet de loi modifiant la loi n° 2001-634 du 09 septembre 2001 portant composition, organisation, attribution et fonctionnement de la Commission électorale indépendante (CEI). Cependant, en lieu et place du commissaire du gouvernement, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration du territoire issu des Forces nouvelles, c’est plutôt le ministre chargé des Relations avec les Institutions, Alphonse Douati, qui s’est présenté à la Commission des affaires générales et institutionnelle présidée par M. Guiriélou Emile. Il n’est pas non plus venu pour présenter le projet de loi mais pour présenter les excuses du gouvernement et solliciter un report de l’examen desdits textes. “Je viens ce matin, au nom du gouvernement, présenter nos excuses, d’abord pour le retard avec lequel nous venons vous voir mais aussi pour vous dire que le gouvernement demande l’indulgence du parlement afin de reprogrammer la séance d’aujourd’hui (hier) à une autre date. Car les calendriers et le travail gouvernemental n’ont pas permis au commissaire du gouvernement d’être à même de venir devant les honorables députés depuis ce matin, pour présenter les projets de loi qui vous ont été transmis. Nous disons que ce n’est qu’un report de quelques jours que nous sommes venus solliciter et qu’en tous les cas les projets demeurent inscrits et constituent la priorité de l’heure du gouvernement. Je voudrais compter sur l’indulgence et la compréhension des honorables députés pour que cette séance soit reprogrammée à une date très proche que nous conviendrons avec vos instances compétentes.” Comme il fallait s’y attendre, les députés, tout en prenant acte de la demande formulée par le gouvernement, n’ont pas manqué d’exprimer leur étonnement et leur colère au ministre Douati. Successivement, le président de la Commission, les députés Paul Yao N’Dré, Atéby William et Zozoro ont dénoncé l’attitude du ministre Issa Diakité mais ont également trouvé non pertinents les arguments avancés par l’émissaire du gouvernement. “Nous enregistrons donc, a dit M. Guiriélou, votre demande de report d’examen de ces projets de loi. Nous voudrons en prendre acte mais nous voulons vous dire, au nom des députés et au nom de l’Assemblée nationale, que normalement, nous sommes en vacances parlementaires et c’est à la demande du gouvernement que nous avons dû écourter ces vacances parce que le gouvernement a estimé qu’il y avait urgence, et nous sommes d’accord avec lui, à examiner ces projets de loi. Nous sommes donc surpris de voir que le gouvernement qui nous a demandé d’écourter nos vacances ne soit pas prêt à venir présenter ces projets de loi. Nous voulons donc vous demander de transmettre au gouvernement nos regrets mais en même temps de lui dire que les députés ne sont pas contents de cette attitude.” Les représentants du peuple estiment en effet, a-t-il poursuivi, que la situation socio-politique difficile et la sortie de crise commandent que chaque acteur fasse les efforts nécessaires pour abroger les souffrances du peuple. “Nous demandons au gouvernement de venir faire le travail pour lequel il est en place et sur lequel les Ivoiriens l’attendent”.Les députés Atéby et Zozoro ne comprennent pas qu’un ministre issu de l’ex-rébellion armée ne puisse pas venir défendre des textes pour lesquels ils ont pris les armes. Et surtout au moment où certains partis politiques (PDCI-RDA, RDR, UDPCI, MFA et le groupe Solidarité) ainsi que les trois mouvements de l’ex-rébellion (MPCI, MPIGO, MJP) accusent le Chef de l’Etat de ne pas faire voter les textes issus de l’accord de Linas-Marcoussis. Par ailleurs, des élus ont trouvé qu’ils travaillaient finalement à ne rien faire alors qu’ils touchent, individuellement, 40.000 F par jour dans le cadre de cette session extraordinaire. Cependant, la véritable question est de savoir si le ministre Issa Diakité a boycotté la séance parce qu’il n’est pas prêt dans la préparation des dossiers ou parce qu’il suit le mot d’ordre de suspension des activités gouvernementales lancé par les 7 forces politiques après les violentes manifestations des 25 et 26 mars. Ce qui est évident, c’est que les élus du PDCI-RDA n’étaient pas à l’hémicycle hier, même si 5 d’entre eux y ont fait un tour. Par contre, des membres du groupe parlementaire Solidarité et le député UDPCI Woï Messé qui n’est pas membre de cette Commission ont assisté aux échanges aux côtés de plusieurs députés du FPI.
Y’A-T-IL 2 MARCOUSSIS ?À chacun son Marcoussis ?Tous ne jurent que par Marcoussis. à l’analyse, ils ne semblent pas parler de la même chose, créant ainsi un imbroglio qui débousole la population. Hier, sur RFI, Juan Gomez a proposé comme thème de discussion aux auditeurs la question de la marche du 25 mars dernier. Rapidement, les intervenants ont viré sur l’application de Marcoussis. Lundi, nous avons eu à échanger avec deux groupes de personnes sur les Accords de Marcoussis. Le premier groupe était composé de trois enseignants dont deux du secondaire un du supérieur. Le second se composait quand à lui d’une artiste comédienne célèbre, un financier, d’un gérant de société et d’un cadre d’une société de téléphonie cellulaire. Tous ces échanges ont achevé de nous convaincre que les Accords de Marcoussis sont pour beaucoup de personnes un charabia inaccessible. Dès lors, on les mêle à toutes les sauces comme un cube d’assaisonnement.
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est encore sous le choc du jeudi noir dont le bilan réel ou supposé constitue une honte pour notre pays, pour la démocratie. Or, il se trouve que toutes ces personnes sont mortes pour Marcoussis. En effet, les partis organisateurs de la marche avortée ont clairement dit que leur objectif était de dénoncer les blocages apportés dans la mise à exécution des Accords de Marcoussis par le Président Laurent Gbagbo d’une part et d’autre part dans les dysfonctionnements constatés au sein du gouvernement de Réconciliation nationale.
Le mardi 23 mars dernier, le Président Laurent Gbagbo a reçu le comité de suivi des Accords. Ce jour-là, il a présenté aux membres du comité de suivi le bilan de la mise en application des Accords de Marcoussis.
Il leur a fait le point des textes issus des Accords de Marcoussis adoptés par le gouvernement et déjà transmis à l’Assemblée Nationale. Ce sont :
• le projet de loi autorisant la République à ratifier le protocole additionnel modifiant et complétant les dispositions de l’article 7 du protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement ;
• le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le protocole additionnel relatif à l’exécution de la troisième étape ( droit d’établissement) du protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement signé à Bangui le 29 mai 1990 ;
• le projet de loi relatif à la déclaration du patrimoine du Président de la République.
• le projet de loi portant modification de la Constitution en ses articles 35 et 55. Ce texte est adopté en Conseil des ministres et attend d’aller au référendum.
• le projet de loi modifiant et complétant la loi n°61-415 du 14 décembre 1961 portant code de la nationalité telle que modifié par la loi n°72-852 du 21 décembre 1972 ;
• le projet de loi relatif à l’amendement de l’article 26 de la loi 98-750 du 21 décembre 1998 relative au domaine foncier rural ;
• le projet de loi portant création de la Commission nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire ;
• le projet de loi portant modification de la loi 2002-03 du 3 janvier 2002 relative à l’identification des personnes et au séjour des étrangers en Côte d’Ivoire ;
• le projet de loi modifiant la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la commission électorale indépendante. Lors de sa déclaration à la nation radio-télévisée ce même mardi 23 mars, il a récapitulé ces textes qui constituent à ses yeux des avancées notables dans l’application des Marcoussis. Ses adversaires ne semblent pas l’entendre de la même oreille, eux qui insistent sur les blocages. A l’évidence, les deux camps ne parlent pas de la même chose. Faut-il penser qu’il y a 2 Accords de Marcoussis ? Marcoussis apparaît de jour en jour comme un caméléon qui change constamment de couleur. Hier, c’était la délégation de pouvoir à Seydou Diarra qui était le point focal. Le Chef de l’Etat et le Premier ministre ont produit deux textes pour clore ce débat. Aujourd’hui, les points de blocage portent sur les questions de postes, d’équipements, de locaux, de budgets… On a presque oublié les questions essentielles comme la nationalité, le foncier rural, l’éligibilité, l’organisation d’élections transparentes, justes et ouverte qui étaient au départ les revendications majeures de la rébellion. Or les projets de loi cités plus haut sont une réponse à ces préoccupations.
Gbagbo: "Je suis le seul à appliquer les accords de Marcoussis"
Le Courrier d'Abidjan - 3/30/2004 11:24:39 PM - Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, a estimé qu`il était "le seul à appliquer" les accords de Marcoussis, rejetant sur les ministres de l`opposition la responsabilité de leur non application dans un entretien à paraître mercredi dans le quotidien Le Parisien-Aujourd`hui en France. "Je suis le seul à appliquer" les accords de Marcoussis "aujourd`hui. Toutes les décisions issues des accords de Marcoussis ont été discutées en Conseil des ministres. Tous les décrets ont été signés. Toutes les lois ont été votées sauf trois. Dans deux cas, les lois n`ont pas été présentées parce que les ministres concernés ne sont pas à leur poste et ne sont pas là pour faire les textes. Nous avons donc fait notre devoir", a affirmé M. Gbagbo. Le président ivoirien a ajouté qu`il attendra "encore" les partis d`opposition qui ont refusé de discuter avec lui après les violences du 25 mars entre leurs militants qui souhaitaient manifester et les forces de sécurité. "C`est avec les chefs de l`opposition ivoirienne que je cherche à avoir des contacts pour qu`ils arrêtent d`envoyer les gens au casse-pipe", a-t-il ajouté. Concernant le bilan des violences du 25 mars, M. Ggagbo a affirmé que "le bilan de la police est inattaquable. Il y a eu exactement 37 morts, dont 25 le jour de la manifestation et les autres le lendemain". Il a qualifié d`"irresponsables" les chiffres de 200 à 500 morts avancés respectivement par le Mouvement ivoirien des droits de l`Homme et l`opposition. Rappelant qu`il a lui-même demandé une commission d`enquête parlementaire sur ces violences, M. Gbagbo a ajouté qu`il avait écrit au secrétaire général des Nations unies "pour qu`il crée une commission d`enquête internationale". "Je veux qu`on cesse de raconter n`importe quoi", a-t-il conclu.
Voici ceux qui bloquent les accords de Marcoussis Le Temps - 3/30/2004 10:54:59 PM
Quand il est question d'appliquer les accords signés dans la capitale française, certaines voix s'élèvent pour indexer le président Laurent Gbagbo qui serait l'obstacle au processus de paix. L'heure du bilan n'est pas encore arrivée, ni celle des justifications puériles. Les faits, seuls les faits font parler d'eux. Qui du président Laurent Gbagbo ou des 7 formations politiques ou armées appliquent réellement les accords de Linas Marcoussis et d'Accra II ? Laissons de côté la loi d'amnistie votée sous l'initiative du président Laurent Gbagbo pour " briser le mur de méfiance " entre ceux qui ont les armes et le peuple, passons sur l'absentéisme de certains ministres rebelles, évitons d'évoquer les suspensions capricieuses des ministres rebelles du gouvernement, et attardons-nous à quelques faits récents. Lors de la session ordinaire des parlementaires, Koné Méssamba, le Ministres des déplacés et victimes de guerre s'inscrit aux abonnés absents. Malgré les supplices des victimes pour lesquels son ministère a été crée. Depuis un moment, des projets de loi attendent Soro Guillaume, le ministre de la Communication. Mais l'homme semble plutôt préoccupé par les directions des régies de la communication d'Etat qui sont devenues son nouveau cheval de bataille. Que dire alors de Issa Diakité, le ministre d'Etat, ministre de l'Administration Territoriale. Retenons l'acte qu'il a posé hier. Toujours conforme à l'esprit de paix qui l'anime et conformément aux accords de Linas Marcoussis, dans l'esprit de la constitution ivoirienne, le président Laurent Gbagbo demande une session extraordinaire à l'Assemblée Nationale. Laquelle assemblée devait se tenir hier matin sous convocation de Mamadou Koulibaly, le président de cette institution en présence des élus du peuple de la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles. Les honorables parlementaires ont du prendre leur mal en patience. Car le ministres Issa Diakité ne fera pas signe de vie. C'est son collègue Alphonse Douaty, chargé des Relations avec le Parlement et des autres Institutions qui se fera fort de l'excuser devant des députés très furieux de son inconduite. Le ministre Douaty a tout simplement reporté le passage du ministre d'Etat Issa Diakité " à une date ultérieure ". Et pourtant le sujet est d'une importance capitale compte tenu de la mise à jour des listings électoraux qui s'impose. En effet, Issa Diakité devait présenter deux projets de loi. Un relatif à l'identification et l'autre relatif à la Commission Electorale Indépendante (CEI), structure chargée des élections. Et c'est là que la compréhension est difficile qu'un ministre issu de la rébellion qui a pris les armes pour réclamer des élections libres et transparentes puisse boycotter une telle séance . L'occasion était bonne pour le transfuge de la rébellion qui endeuille la Côte d'Ivoire, de montrer à la face de la nation ce qui lui semble incorrecte dans les lois Boga Doudou et qui a motivé la mort de ce dernier. Cet échantillon de faits montre des exemples de blocage des accords de Linas Marcoussis. Blocage à l'actif du bloc rebelle qui montre s'il en est encore besoin que le président Laurent Gbagbo se saurait se poser en frein aux accords de la ban lieu parisienne, si lesdits accords sont pour la réunification du pays. Alors que le président Gbagbo affirme toujours sa volonté de restituer à son successeur l'entièreté de la superficie de la Côte d'Ivoire. Un regard jeté sur la somme qui est décaissée par l'Etat ivoirien pour payer les perdiems des députés donne un aperçu des sacrifices consentis par le président Laurent Gbagbo. Les sessions extraordinaires reviennent chères à L'Etat. Chaque député touche 400.000 francs cfa par jour. Le nombre de députés multiplié par le nombre de jours, cela fait beaucoup pour un pays durement éprouvé par deux années de guerre. Et c'est ce sacrifice que ne cesse de consentir le chef de l'Etat.
Concession du terminal à conteneurs de Vridi - De nouvelles difficultés pour Bolloré L'intelligent d'Abidjan - 3/30/2004 9:50:00 PM Depuis le 29 mars, M. Tibé-Bi Jean Christophe, directeur des Affaires maritimes et portuaires au ministère des Transports, a adressé une lettre à la Setv (Société d'exploitation du terminal de Vridi) de Bolloré. M. Tibét intime à M. Daniel Labarre la cessation immédiate de toutes activités en ces termes : " Je vous fais remarquer que la Setv dont l'autorisation exceptionnelle a expiré le 26 mars 2004 sans renouvellement devra suspendre ses activités en attendant l'issue des travaux de la commission prévue à cet effet ". Le 23 mars 2004, le dossier d'agrément de manutentionnaire demandé par Setv a été jugé irrecevable. " La commission a constaté l'absence de 17 annexes à la convention et l'absence d'une police d'assurance multi- riques. De plus, les éléments constitutifs du dossier ne reflètent nullement la réalité de vos engagements contractuels ", explique M. Tibét à la Setv, qui n'aurait pas produit un numéro contribuable crédible et les preuves de l'augmentation du capital à 4 milliards au lieu de 150 millions. En vertu des dispositions des articles 6,13,14 et 15 du décret n° 97-611 du 16 octobre 1997, la commission a noté que le terminal à conteneurs de Vridi demeure un patrimoine d'intérêt national. Rendez-vous a été donné à Setv pour le 9 avril 2004 à 9 h 00 au 3ème étage de la Tour A à la cité administrative. Maersk, un concurrent en Côte d'Ivoire de Bolloré, qui se plaint de la concession, tente pourtant de son côté de réaliser la même opération au Cameroun. Mais cette fois-ci, la Banque Mondiale, veut être vigilante. Dans une lettre datée du 24 mars 2004 et adressée au ministre des Affaires Economiques, de la planification et de l'aménagement du territoire, de la République du Cameroun, le directeur du secteur transport pour la région Afrique à la Banque Mondiale émet de sérieuses réserves sur les propositions faites au gouvernement camerounais par l’adjudicataire provisoire pour une concession de même type que celle d'Abidjan. Des détails seront révélés sur ceux qui ont tiré les ficelles pour contrarier Bolloré, saboter Gossio et emmerder Laurent Gbagbo.


103 - DECLARATION DE LA DELEGATION DE LA REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE

Mercredi 24 Mars 2004

60ème SESSION DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME

POINT IV

LE RACISME, LA DISCRIMINATION RACIALE,LA XENOPHOBIE ET TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION.

DECLARATION DE LA DELEGATION DE LA REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
S.E.M. C.Claude BEKE DASSYS


Genève, le 22 mars 2004

Représentation permanente de la république de Côte d’Ivoire à Genève 149 h route de ferney 1218 Gd-Saconnex Genève – SUISSE

Monsieur le Président,

Dans sa recherche de la paix et en vue du respect des droits de l’homme, mon pays, la Côte d’Ivoire a toujours accepté de coopérer avec les mécanismes de la Commission des droits de l’homme. En ce sens, il a demandé dès le 5 novembre 2002, l’établissement d’une commission internationale d’enquête sur toute l’étendue du territoire, et accepté la visite des rapporteurs thématiques dont celui sur le racisme, à qui il a ouvert toutes les portes pour la collecte des informations nécessaires à son travail.

Au plan du respect des droits de l’homme, mon pays, la Côte d’Ivoire a pratiquement ratifié toutes les conventions y afférentes et notamment la Convention sur le racisme. De plus, il consacre le titre II de sa Constitution aux droits humains et aux libertés publiques. Aussi condamne-t-il fermement dans ses articles 2 et 10 toutes les formes de discrimination raciale et religieuse.

Bien que la Côte d’Ivoire reconnaisse la qualité du travail du Rapporteur, elle souhaite formuler cependant quelques observations.

Sur la forme, la Côte d’Ivoire, coopérant avec le Rapporteur se félicite de ce qu’il :

-ait rencontré les différentes autorités politiques ainsi que toutes les sensibilités politiques et religieuses ;

-se soit rendu dans les différentes localités aussi bien dans les villes que dans les campagnes.

Mais cette démarche aurait été plus complète si le temps lui avait permis de se rendre notamment dans le Nord du pays.

Sur le fond, la Côte d’Ivoire prend acte de l’ensemble des faits relatés par le Rapporteur et de nature à créer ou à perpétrer des formes de discrimination ou d’exclusion. Mais comme il le reconnaît lui-même, la Côte d’Ivoire n’a pas une tradition d’exclusion, elle a toujours été une terre d’accueil et d’hospitalité. C’est en cela que les faits évoqués par le Rapporteur, et que mon pays condamne, doivent être relativisés comme étant des cas isolés et ayant un lien plus ou moins direct avec la crise actuelle.

Dès lors, bien que la Côte d’Ivoire soit attentive aux différentes recommandations du Rapporteur, il importe de noter qu’elle dispose d’instruments juridiques pour ne pas que ces faits qu’il dénonce s’érigent en une pratique de l’Etat.

Mon pays, la Côte d’Ivoire reste profondément attaché au respect des droits humains et des libertés publiques, au dialogue des cultures et des religions. C’est dans ce sens qu’il voudrait réaffirmer solennellement son engagement à demeurer cette terre d’accueil et d’hospitalité pour tous. Ainsi, le gouvernement a déjà adopté quinze projets de lois, en application des accords de Linas Marcoussis et portant entre autres sur le code de la nationalité, l’identité, la condition des étrangers, le régime électoral, les conditions d’éligibilité à la présidence de la République. Ces textes sont soumis à l’examen du Parlement, réuni en session extraordinaire.

Enfin, en ce qui concerne les causes du conflit en Côte d’Ivoire, mon pays suggère au Rapporteur d’entreprendre dans son rapport final, une analyse plus approfondie des divers paramètres et du rôle des différents acteurs dans l’émergence de la crise, en ayant à l’esprit l’objectif de réconciliation nationale.

Les recommandations du Rapporteur sont applicables et ont déjà connu un début immédiat de réalisation, à travers des projets de loi adoptés en conformité avec les Accords de Linas Marcoussis et la résolution 1528 du Conseil de sécurité qui autorise l’envoi des casques bleus en Côte d’Ivoire, ayant entre autres pour mandat la mise en œuvre des droits de l’homme.

En conclusion, le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire reste ouvert au dialogue et à toutes les propositions qui peuvent faire avancer le processus de paix.


102 - ALLOCUTION DU MINISTRE D’ETAT, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE COTE D’IVOIRE DEVANT LA

Mercredi 24 Mars 2004

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Honorables délégués,
Mesdames et Messieurs,

La délégation de Côte d’Ivoire tient à saluer, devant cette auguste assemblée, la mémoire des victimes innocentes de l’attentat perpétré le 11 mars 2004 à Madrid.

La Côte d’Ivoire qui n’a pas manqué de condamner cet acte ignoble, inqualifiable, adresse par ma voix, ses condoléances les plus attristées à SA MAJESTE LE ROI JUAN CARLOS, au Gouvernement et au peuple espagnol ami.

Monsieur le Président,

Une fois encore, ma délégation tient à saluer avec respect la mémoire de Monsieur Sergio VIERA DE MELO, ce défenseur acharné des Droits de l’Homme, arraché brutalement à notre affection au mois d’août 2003.

Permettez-moi à présent, Monsieur le Président, de vous féliciter pour votre brillante élection à la Présidence de la 60ème session de la Commission des Droits de l’Homme. Je suis persuadé, me fondant sur votre grande expérience et votre esprit de conciliation, que nos travaux connaîtront le succès attendu.


Monsieur le Président,

Ma délégation adresse avec fierté, ses chaleureuses félicitations à la Présidente sortante, Madame Najat Al-Hajjaji, Ambassadeur, Représentant permanent de la Libye à Genève qui, par ses grandes qualités intellectuelles, a su mener avec brio les travaux de la 59ème session. Elle a ainsi honoré, non seulement l’Afrique toute entière, mais également les femmes.

La Côte d’Ivoire tient également à rendre un hommage particulier à Monsieur Bertie RAMCHARAM, Haut Commissaire en exercice, pour le travail inlassable, qu’il ne cesse d’accomplir depuis trente ans dans le domaine des Droits de l’Homme. Nos vœux de succès l’accompagnent dans sa présente mission.

Ma délégation enfin, se réjouit de la nomination au poste de Haut Commissaire aux Droits de l’Homme de Madame Louise ARBOUR, dont l’engagement en faveur des Droits de l’Homme est unanimement reconnu. Je voudrais ici, solennellement, lui adresser les chaleureuses félicitations du Gouvernement ivoirien, et l’assurer de son entière coopération.

Monsieur le Président,

La Côte d’Ivoire tient à rappeler à cette auguste assemblée, que moins de deux mois après le déclenchement de la crise militaro-politique, elle a pris elle-même l’initiative de demander aux Nations Unies le 5 novembre 2002, l’envoi d’une commission internationale d’enquête sur toute l’étendue du territoire. En agissant ainsi, mon pays a voulu faire connaître à la face du monde, sa ferme volonté de s’ouvrir à toutes visites ou enquêtes à même de prendre la juste mesure des violations des droits de l’homme consécutives à la crise militaro politique et surtout de lutter contre l’impunité.

Monsieur le Président,

C’est, animé de cette même volonté que la Côte d’Ivoire, au cours de notre précédente session, à cette même tribune, a pris des engagements relatifs à l’acceptation des visites des Rapports thématiques de la Commission ainsi qu’à la promotion et au respect des Droits de l’Homme, après avoir concomitamment saisi la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples pour le même objectif.

Monsieur le Président,

Outre l’envoi au mois de Mai 2003 par ladite Commission africaine d’une première mission de haut niveau pour évaluer la situation des Droits de l’Homme, la Côte d’Ivoire continue de tenir les engagements pris devant la Communauté internationale.

A ce propos, je suis en mesure d’indiquer que la Côte d’Ivoire a reçu au mois de janvier et février 2004, la visite des Rapporteurs spéciaux

-sur la liberté d’opinion et d’expression et

-sur l’élimination de la discrimination raciale, dont les rapports préliminaires seront soumis à la présente session.


Monsieur le Président,

Je voudrais affirmer ici que, pendant leur mission en Côte d’Ivoire, les Rapporteurs thématiques sur la liberté d’opinion et d’expression et l’élimination de la discrimination raciale, ont bénéficié de la coopération pleine et entière des autorités ivoiriennes, allant jusqu’à favoriser l’accès à l’intérieur du pays.

Il me plait également de rappeler l’accord donné depuis 2001 par le Gouvernement pour la visite en Côte d’Ivoire du Rapporteur spécial sur les exécutions sommaires et extra judiciaires, visite qui n’a pu encore se tenir du fait de son calendrier.

Monsieur le Président,

Des rapports préliminaires, la délégation de Côte d’Ivoire peut affirmer qu’il ressort une certaine recherche d’équilibre.

S’agissant tout particulièrement de la liberté de presse, ma délégation tient à réaffirmer ici, qu’elle constitue une réalité en Côte d’Ivoire.

Je puis à ce propos, donner l’assurance à cette auguste assemblée, que mon Gouvernement s’est engagé à la réglementer en profondeur tout en consolidant les normes y relatives déjà existantes. A ce sujet du reste, en vue d’assainir le milieu de la presse, un projet de révision de la loi sur l’audiovisuel, est actuellement en cours d’élaboration.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de réaffirmer l’attachement de la Côte d’Ivoire au respect des droits de l’homme. En effet, outre la ratification de la quasi-totalité des instruments internationaux pertinents relatifs à la protection et à la promotion des droits de l’homme, la Constitution ivoirienne du 1er août 2000, consacre vingt deux (22) articles à la promotion des droits de l’homme et des libertés publiques.

Il me plaît également de rappeler à cet égard, avant même le déclenchement de la crise le 19 septembre 2002, la création d’un Ministère exclusivement consacré aux droits de l’homme.

Par ailleurs, conformément au paragraphe 6 des accords de Linas Marcoussis relatifs aux droits humains, un Projet de loi portant création d’une Commission nationale des droits de l’homme a déjà été adopté par le gouvernement et sera examiné au Parlement, actuellement en session extraordinaire.

Enfin, la Côte d’Ivoire ne peut qu’adhérer, comme il est prévu par l’Accord de linas Marcoussis, à la création d’une Commission internationale d’Enquête sur les violations des Droits de l’Homme.

Monsieur le Président,

Je voudrais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour réaffirmer la volonté de la Côte d’Ivoire de continuer à poursuivre sa coopération avec les différents mécanismes de la Commission en accueillant dans un proche avenir, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies sur les personnes déplacées, le Rapporteur Spécial sur les migrants et celui sur le mercenariat.

Monsieur le Président,

Ma délégation tient à se féliciter de l’assistance technique qui a été accordée par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et qui lui permettra de mettre en œuvre le plan national d’action.

D’ores et déjà, le Gouvernement de Réconciliation nationale, par le biais du Ministère des droits de l’homme, veille au quotidien, au respect et à la protection des droits de l’homme. A ce propos du reste, il a procédé à :

-l’ouverture d’un numéro vert d’appel,

-la condamnation sans réserve des violations des droits de l’homme commises aussi bien par les Forces républicaines que par les Combattants des Forces Nouvelles.

Monsieur le Président,

S’agissant des exactions dont seraient victimes les ressortissants étrangers, ma délégation tient à mentionner ici, la création d’un Comité d’écoute logé au Ministère d’Etat chargé de l’Intégration africaine et destiné à enregistrer les plaintes.

Monsieur le Président,

A ce stade de mon propos, je voudrais réaffirmer solennellement, l’engagement de la Côte d’Ivoire à continuer à demeurer une terre d’accueil et d’hospitalité aussi bien pour les ressortissants de la sous région, que pour les réfugiés.

S’agissant particulièrement des réfugiés, la Côte d’Ivoire, malgré l’amenuisement de ses capacités financières, n’entend pas se dérober à ses responsabilités ; à preuve, elle a adopté une loi devant leur permettre de disposer d’une carte ayant valeur de titre de séjour.

Monsieur le Président,

La Côte d’Ivoire qui entend également coopérer activement avec les pays de la sous région sur la question des réfugiés pour une approche commune, adoptera prochainement une loi sur l’asile et procédera à la création d’un Office national pour les réfugiés.

Monsieur le Président,

Engagée par ailleurs, à assurer le rapatriement de nombreux ivoiriens réfugiés dans les pays voisins du fait de la crise, la Côte d’Ivoire saisit l’occasion qui lui est offerte pour réitérer son appel à la communauté internationale en vue du partage du fardeau.

La Côte d’Ivoire, enfin demeure confrontée à la gestion d’environ un million de personnes qui, fuyant la ligne de front, se sont retranchées depuis plusieurs mois, dans la zone sous contrôle des forces gouvernementales et qui désormais vivent dans des conditions de précarité absolue.

Monsieur le Président,

Tout en reconnaissant l’existence des difficultés à aplanir sur le chemin de la Paix, ma délégation tient à porter à la connaissance de cette auguste assemblée, les progrès déjà réalisés depuis l’accord de cessez le feu intégral signé le 3 mai 2003. Il s’agit :

-du vote de la loi d’Amnistie qui toutefois, n’absout pas les crimes et délits de droit commun notamment, les crimes concernant les violations des Droits de l’Homme, lesquels doivent être impérativement élucidés,

-de l’adoption de l’ensemble des textes recommandés par l’Accord de Linas Marcoussis, dont 15 projets de loi portant entre autres sur le Code de la nationalité, l’identification des personnes et le séjour des étrangers en Côte d’Ivoire, l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la Commission électorale indépendante (CEI), les conditions d’éligibilité à la Présidence de la République.

Ces textes sont examinés par le Parlement actuellement réuni en session extraordinaire.

A cela s’ajoutent :

-la réception de 17 sites réaménagés pour le cantonnement,

-la suppression des barrages spontanés créés à la faveur de la crise,

-le lancement du processus pilote de redéploiement de l’administration à l’Ouest de la Côte d’Ivoire et l’ouverture progressive des écoles dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles (ex rebelles),

-la réouverture des voies terrestres et ferroviaires entre la Côte d’Ivoire et les Etats voisins frères, notamment le Mali et le Burkina faso.

De même, il est envisagé dans le cadre du renforcement des relations entre la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Burkina Faso, la tenue prochaine de Commissions mixtes de coopération.

Monsieur le Président,

S’agissant tout particulièrement des relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, des contacts se poursuivent en vue de la normalisation totale des relations.

Il me plaît à ce propos, de mentionner que les questions relatives aux Droits de l’Homme figureront à l’agenda de la Commission mixte de coopération prévue incessamment.

Monsieur le Président,

En dépit de certaines difficultés inhérentes à ce genre de processus, je puis vous assurer que le dialogue inter ivoirien se poursuit avec, en perspective, le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR).

A ce propos, ma délégation tient à saluer, l’adoption à l’unanimité, par le Conseil de Sécurité, le 27 février 2004, de la Résolution 1528, autorisant l’envoi de casques bleus en Côte d’Ivoire. Cette Résolution invite à l’optimisme, au motif qu’elle vise à aider à la mise en œuvre des accords de Linas Marcoussis notamment de par sa composition, allant des effectifs civils, aux judiciaires et pénitentiaires ainsi que du fait de son mandat portant sur les points suivants :

-l’observation du cessez-le-feu et des mouvements des groupes armées

- le désarmement, la démobilisation, la réinsertion, le rapatriement et la réinstallation des ex- combattants,

- la protection du personnel des Nations unies, des Institutions et des civils,

- l’assistance en vue du rétablissement de l’autorité judiciaire,

-l’appui aux opérations humanitaires,

-l’appui à la mise en œuvre du processus de paix,

-l’assistance dans le domaine des Droits de l’Homme, en prêtant une attention particulière aux actes de violence commis contre les femmes et les filles,

-l’information,

-l’assistance en vue du rétablissement d’une police civile partout en Côte d’Ivoire.

La côte d’Ivoire se félicite de l’adoption de cette résolution qui permettra l’accélération du dialogue entre le Gouvernement et toutes les forces politiques impliquées, en vue d’un retour rapide à la paix et à la normalité dans la perspective d’élections justes, ouvertes, transparentes et sécurisées en 2005.

L’opération de maintien de la paix, contribuera, nous en sommes convaincus, Monsieur le Président, à la sécurisation des frontières, à la lutte contre la prolifération et le trafic des armes, le mercenariat et le terrorisme, facteurs qui contribuent à la déstabilisation de la sous région.

A ce propos, ma délégation tient à informer cette auguste assemblée de ce que la Côte d’Ivoire présentera incessamment un projet de plan de stabilisation de l’Afrique de l’Ouest à la prochaine réunion du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO.

Monsieur le Président,

La Côte d’Ivoire tient à réitérer par ma voix, ses remerciements à la Communauté internationale, aux Organisations non gouvernementales et aux différents acteurs qui contribuent activement au retour définitif de la paix nécessaire au bien-être de la Côte d’Ivoire et de la sous-région.

Je vous remercie de votre attention soutenue.